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I found myself in Wonderland.

Un temps de saison de Marie Ndiaye

Classé dans : Avis littéraires — 19 juin 2015 @ 11 h 53 min

Un temps de saison Genre : Contemporaine

Editeur : Editions de Minuit

Année de sortie : 2004

Nombre de pages : 142

Synopsis : Après l’été les Parisiens désertaient les lieux de leurs vacances ensoleillées, ignorant tout du sort que l’automne faisait à la région qu’ils quittaient jusqu’à l’été suivant. Un automne brutal, puis un long hiver de vent et de pluie, mortel aux corps fragiles. Cette saison-là, inconnue et implacable, il fut imposé à Herman de la découvrir.

 

Avis :  Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce livre, donc je me suis lancée dans la lecture sans a priori, et sans idée de ce qu’il renfermait.

En lisant les commentaires à l’arrière de l’édition, je me suis rendue compte que mon avis était un mélange de ceux des deux journalistes. J’ai d’abord trouvé qu’un certain humour cynique était présent avec la caricature du touriste qui ne sait pas ce qui l’attend dans un pays où il ne vit que l’été, et qu’il ne veut pas connaître en dehors du soleil et de la détente que cela lui procure. Il ne veut rien avoir à faire avec l’automne, la vie du village, les villageois eux-mêmes : d’ailleurs, il ne connaît personne, même si cela fait plusieurs années qu’il vient tous les ans dans le pays (on ne sait pas où il se trouve, soit dit en passant). Il a de nombreux préjugés sur la région, il pense qu’il est supérieur aux villageois parce qu’il vit à Paris, et que ceux-ci ont des rituels primitifs, comme ceux des rubans. Il va peu à peu se rendre compte que ce sont que des préjugés, et que ce ne sont pas eux qui doivent s’adapter à lui, mais bien lui qui doit se fondre dans les habitudes du village. Village qui va peu à peu l’engourdir, le rendre paresseux, lui faire tout oublier ; cet engourdissement est aussi ressenti par le lecteur, sans doute la raison pour laquelle je n’ai pas vraiment aimé ce livre. On se sent un peu piégé dans le livre, envahi par le froid et la pluie, proche de la déprime, du cauchemar, mot employé par la journaliste du Magazine littéraire pour décrire le livre. De plus, c’est quelque chose que je n’avais jamais lu, une vie de village où rien ne bouge, où rien ne choque, où tout est lent, comme paralysé. Dans ce sens, le livre est assez original, il nous montre un aspect de la vie que l’on ne voit pas ordinairement. Aussi, l’écriture de l’auteure est très maîtrisée, cela se sent tout le long du livre. Elle n’emploie pas les mots par hasard, elle sait ce qu’elle dit et l’impression qu’elle veut que son écriture fasse sur le lecteur.

Quant aux personnages, Herman, le professeur, est vraiment bourré de clichés sur les touristes au début du livre. Il se rebelle contre quelque chose qu’il ne comprend, veut qu’on lui explique ce qui lui arrive, se croit plus civilisé que les habitants du village et exige de rencontrer le maire sur le champ parce que son affaire est plus importante que les autres. Bien sûr, ce personnage évolue au fur et à mesure des pages : d’effrayé et cherchant des réponses, il passe à de plus en plus paresseux, pour finir par ne rien faire de ses journées. Il devient complètement passif, ne discute que de la pluie, ne pense que quand il est obligé de le faire. Il est paralysé par la lenteur du village, par l’absence de mouvement de ses villageois, et surtout de Charlotte, sur qui il semble prendre exemple. Elle se laisse complètement aller, ne cherche pas à faire quelque chose de sa vie. Celle qu’elle mène au village semble lui convenir tout à fait. Elle est totalement oisive, passive, et semble accepter tout et n’importe quoi. Métilde m’a semblé être son opposé : dynamique, elle veut tout faire pour échapper au village. Elle veut devenir quelqu’un en dehors de celui-ci, elle ne veut pas s’enfermer dans cette vie lente et amorphe qui l’attend si elle reste. Elle semble savoir ce qu’elle veut, même si elle s’attache à Charlotte. Elle veut également partir avec Gilbert, un personnage qui lui aussi veut quitter le village et avoir une meilleure vie ailleurs, dans les villes. Il semble impressionner Herman, mais pas le lecteur, qui découvre une autre facette de lui à la fin du livre. Alfred, quant à lui, n’est pas très appréciable pour le lecteur : il semble aider le personnage principal, qui ne veut pas de son aide, et, en réalité, lui donne des instructions qu’Herman n’ose même pas remettre en questions. Il exécute tout ce qu’il lui dit de faire. Lui-même semble avoir été comme lui un jour. D’autres personnages se croisent dans ce livre, notamment les commerçants, impressionnants pour le Parisien, avenants mais menaçants en même temps ; le maire, qui semble plus proche d’Alfred et Herman que des villageois ; deux personnages surprises à la fin, qui semblent complètement décalés dans cette région après cette lecture ; Rose et l’enfant, des êtres énigmatiques, le lecteur ne sait pas comment ils ne se sont retrouvés dans cette situation.

La fin m’a semblé très abrupte. Je m’attendais à autre chose, quelque chose qui clorait vraiment l’histoire, or, ce n’est pas du tout le cas. J’ai été un peu déçue, je dois bien l’avouer.

 

En définitive, un livre original, à l’écriture maîtrisée, qui nous montre une autre facette de nos lieux de vacances, mais dont la fin ne m’a pas satisfaite du tout. Un livre qui engourdit et paralyse le lecteur autant que le personnage principal.

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