Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour le 19 mai, 2015

Central Park de Guillaume Musso

Posté : 19 mai, 2015 @ 9:39 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Central ParkGenre : Contemporaine

Editeur : Edition de Noyelles

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 383

Synopsis : Alice et Gabriel n’ont aucun souvenir de la nuit dernière …. … pourtant, ils ne sont pas près de l’oublier. New York, huit heures du matin. Alice, jeune flic parisienne, et Gabriel, pianiste de jazz américain, se réveillent menottés l’un à l’autre sur un banc de Central Park. Ils ne se connaissent pas et n’ont aucun souvenir de leur rencontre. La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Élysées tandis que Gabriel jouait du piano dans un club de Dublin. Impossible ? Et pourtant … Les questions succèdent à la stupéfaction. Comment se sont-ils retrouvés dans une situation aussi périlleuse ? D’où provient le sang qui tache le chemisier d’Alice ? Pourquoi manque-t-il une balle dans son arme ? Pour comprendre ce qui leur arrive et renouer les fils de leurs vies, Alice et Gabriel n’ont pas d’autre choix que de faire équipe. La vérité qu’ils vont découvrir va bouleverser leur existence …

 

Avis : J’ai lu plusieurs Musso, et mon préféré reste La Fille de Papier. Une amie m’a prêté ce livre et le dernier de l’auteur, et je me suis empressée de lire le premier.

J’avais hâte de le lire, le synopsis m’avait fait imaginer toute une histoire autour d’Alice et Gabriel et de cette histoire de menottes. J’ai commencé le livre. Au début, je me suis dit que ce serait sans doute palpitant, que j’allais tourner les pages plus vite que d’ordinaire. Mais, en réalité, j’ai trouvé que cela traînait en longueur. J’ai trouvé que les questions s’accumulaient sans réponses, et cela m’a frustré. J’ai aussi trouvé qu’il ne se passait pas grand-chose jusqu’au milieu du livre. Cela m’a un peu déçue : les autres Musso que j’ai lus commençaient plus rapidement, et m’intéressaient beaucoup plus que celui-ci. En fait, je n’ai pas retrouvé le souffle que les autres me proposaient, la bouffée, même si j’avais envie de connaître la suite et la fin. Ici, j’ai trouvé des clichés énormes, des façons de parler qui m’ont gêné, des personnages un peu caricaturaux, comme certaines scènes. J’ai trouvé cela dommage, et je me suis dit que j’avais dû passer à côté de ce livre. Pourtant, après cette période de « blanc » au début si je peux dire, je suis vraiment entrée dans l’histoire, j’ai eu envie d’en savoir plus, j’ai été intriguée par les rebondissements qui apparaissaient, par les indices qu’Alice regroupait, par l’étrangeté des personnes qui l’entouraient. Puis, est arrivé le dénouement. Au début, je me suis dit que c’était très bien trouvé. Ensuite, que c’était un peu tiré par les cheveux. Et même complètement. J’ai eu du mal à y croire, et c’est ce que je n’aime pas dans un livre : que l’auteur ne parvienne pas à me faire croire à ce qu’il raconte. Dans les livres fantastiques, quand l’auteur nous présente un monde merveilleux ou sombre, même si c’est complètement surréaliste, si l’écrivain parvienne à me faire croire que ce monde peut exister, le livre est bon, et je suis emportée dans l’histoire, même si ce n’est pas un coup de cœur, et même si, au final, je ne l’aime pas. Ici, je n’y ai pas cru à fond, et cela m’a gêné.

Les personnages m’ont paru un peu caricaturaux. J’ai trouvé en eux des clichés qui m’ont embarrassée. Alice d’abord. Elle est l’héroïne du livre, celle sur laquelle il est centré. Flic, sa vie est assez floue dès qu’on la rencontre. Son parcours est confus, tout comme ses souvenirs, que l’on découvre au fur et à mesure du livre. Comme la plupart des personnages de Musso, elle a un passé lourd, une vie difficile, une famille déchirée, elle est malheureuse comme les pierres et se révolte contre tous ceux qui veulent l’aider. C’est un peu le stéréotype de la femme devenue dure, et qui ne croit ni en l’avenir, ni en l’humain. Elle est proche de certaines personnes – deux en réalité – et se fait duper par ceux qui l’approchent. Elle voit des ennemis partout, et ne sait plus vraiment où elle en est. Le personnage qui l’accompagne, Gabriel, est aussi mystérieux qu’elle, mais ses mensonges se flairent à trois kilomètres. Il est étrange, et il semble clair qu’il est difficile pour Alice – et pour le lecteur – de lui faire confiance. Peu à peu, ses mensonges sautent, et l’on découvre un homme complexe qui cache de plus en plus de choses à la jeune femme. Bizarrement, et contrairement à mon habitude, je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages, même après avoir découvert l’histoire d’Alice. Au contraire, cela m’a encore un peu détachée d’elle. J’ai trouvé qu’elle abusait, et j’ai eu pitié d’elle. Tout lui tombe dessus et elle sait que c’est de sa faute. Puis le destin s’acharne, et elle est complètement impuissante. J’ai apprécié le personnage de Seymour, et celui du père d’Alice, même s’ils sont tous les deux caricaturés, et que le second est moins présent que le premier. Les autres personnages sont moins recherchés et l’intrigue se concentre surtout sur les deux personnages principaux.

La fin est tellement prévisible … C’était tellement évident que cela m’a un peu énervé. J’ai tout de même aimé le dernier chapitre qui donne de l’espoir et qui montre ce qui arrive à Alice après l’histoire du roman. Cela m’a fait plaisir pour elle, et je pense que c’est seulement à ce moment-là que je me suis attachée à elle.

 

En définitive, un roman que je ne peux pas dire avoir adoré, mais que je n’ai pas détesté. Je l’ai trouvé différent des autres Musso, et j’espère que L’instant présent sera mieux.

Le deuxième sexe, tome 2 de Simone de Beauvoir

Posté : 19 mai, 2015 @ 4:00 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Le deuxième sexe tome 2Genre : Essai

Editeur : Folio

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 652

Synopsis : Comment la femme fait-elle l’apprentissage de sa condition, comment l’éprouve-t-elle, dans quel univers se trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire. Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d’un lourd passé, s’efforcent de forger un avenir nouveau. Quand j’emploie les mots « femme » ou « féminin » je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence ; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre « dans l’état actuel de l’éducation et des mœurs ». Il ne s’agit pas ici d’énoncer des vérités éternelles mais de décrire le fond commun sur lequel s’enlève toute existence féminine singulière.

 

Avis : J’ai lu le premier tome du Deuxième sexe il y a presque un an, et je me souviens avoir beaucoup appris en le lisant. J’étais sûre d’en apprendre autant dans le second tome, et je ne me suis pas trompée.

Cette fois, l’essai est plus ancré dans la société dans laquelle vit Simone de Beauvoir, celle d’après-guerre, mais aussi celle des années 70, étant donné que le livre a été revu en 1976. Cela nous indique tout de suite que la condition de la femme évolue, change avec le temps. Le livre est divisé en quatre parties (sans compter l’introduction et la conclusion) qui évoquent toutes la femme différemment. La première est Formation : elle la présente dans les différents aspects de sa vie, de l’enfance à l’âge adulte en traitant aussi le cas particulier de la lesbienne. Il est étrange de constater à quel point l’auteure a cerné la femme dans toute sa complexité, à quel point elle est capable de donner un point de vue général sur elle tout en parlant des exceptions que constituent certaines femmes. Sa formation est celle que lui impose la société, et c’est très clair dans cette partie du livre. Le lecteur féminin peut parfois se retrouver dans certaines situations, se reconnaître dans certaines descriptions, même si, comme l’auteure le rappelle dans l’introduction, ce livre ne donne pas de vérités éternelles. Les femmes et leur éducation ont changé, tout comme la société, même si elle n’est pas devenue à 100% égalitaire. L’on ne peut plus dire aujourd’hui que la condition de la femme en Occident est la même que celle-ci en 1945 et même en 1976, même s’il est vrai qu’il reste à la femme des combats et des défis à relever. En revanche, l’on peut penser que certaines femmes encore aujourd’hui vivent ce que Simone de Beauvoir écrit dans d’autres pays, et qu’elles doivent entrer dans le même processus de libération que les femmes occidentales. La deuxième partie évoque les différentes situations de la femme dans la société, comme celle de mariée, ou de mère. Certains passages font peine à lire, et donnent vraiment aux lecteurs envie de se révolter. Dans tout ce qu’elle entreprend, dans toutes les facettes de sa vie, la femme n’est jamais libre et toujours soumise, même quand elle est prostituée ou hétaïre. Elle a besoin de l’homme et ne peut se passer de lui parce qu’elle a été éduquée d’une certaine façon, et parce que la société ne lui donne pas la chance de faire ses preuves, de montrer qui elle peut être. Le passage sur la vieillesse de la femme est consternant : elle se rend compte qu’elle n’a pas vécu et qu’elle ne peut pas rattraper le temps perdu. La troisième partie se nomme Justifications, et traite de trois types de femmes : la narcissiste, l’amoureuse et la mystique. Le lecteur féminin peut se retrouver à la fois dans plusieurs de ces femmes sans totalement s’y identifier : toujours, quelque chose ne va pas dans la description pour coller parfaitement au lecteur, il lui manque quelque chose d’essentiel que la femme n’a pas à l’époque : sa liberté. La quatrième partie s’appelle Vers la libération et montre ce que serait la femme indépendante. L’on se rend alors compte que les femmes ont remporté des victoires pour enfin prendre leur vie en mains et être libre, mais également qu’elles n’ont pas encore achevé cette libération. Le passage sur l’art et la littérature m’a frappé par sa justesse, même si les femmes écrivains sont plus ou moins reconnues aujourd’hui.

Dans ce second tome, Simone de Beauvoir m’a encore semblé objective, même s’il était possible de constater quelques piques vers certains auteurs ou certaines thèses, mais aussi de l’admiration pour d’autres. Elle a vraiment pris la femme pour sujet d’étude objectif, mais elle s’est aussi servie de son observation de la société pour enrichir son œuvre. Elle parle parfois de personnes qu’elle connaît, qui lui ont permis de prouver ce qu’elle affirmait en donnant un exemple pris dans la réalité. De plus, l’auteure utilise également de nombreuses exemples tirés d’œuvres de femmes afin de soutenir sa thèse, comme Sophie Tolstoï ou Colette, ou d’œuvres de psychologie comme La Femme frigide de Stekel ou Les Obsessions de la psychasténie de Pierre Janet. Certains exemples montrent bien la détresse féminine, comme d’autres montrent des expériences malheureuses ou heureuses, des femmes qui ont guéries ou qui sont mortes.

J’ai vraiment appris énormément sur la femme en lisant ce livre, mais également sur l’homme, sur les rapports qu’ils entretiennent l’un avec l’autre et sur la société en général. Je pense que ce livre peut autant apporter aux femmes qu’aux hommes, et qu’il est important que tous deux le lisent pour se rendre plus pleinement compte de ce qui constitue leur passé, mais aussi leur vie, parce que certains aspects de l’essai sont encore vrais aujourd’hui.

 

En définitive, un livre exceptionnel sur la femme, l’homme, leurs rapports, la société, qui apprend beaucoup de choses aux lecteurs et qui leur permet de se rendre compte que tout n’est pas encore gagné : dans de nombreux pays, la femme n’est toujours pas libre, et cet ouvrage pourrait bien refléter leur vie. Il est important de connaître son passé pour se construire un avenir, et je pense que ce livre aide vraiment à le faire.

 

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