Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour avril, 2015

A Song of Ice and Fire, book 2: A Clash of Kings de George R. R. Martin

Posté : 29 avril, 2015 @ 5:56 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

A Clash of Kings Genre : Fantasy

Editeur : Bantam Books

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 969

Synopsis : In this eagerly awaited sequel to A Game of Thrones, George R. R. Martin has created a work of unsurpassed vision, power, and imagination. A Clash of Kings transports us to a world of revelry and revenge, wizardry and warfare unlike any you have ever experienced. A comet the color of blood and flame cuts across the sky. And from the ancient citadel of Dragonstone to the forbidding shores of Winterfell, chaos reigns. Siw factions struggle for control of a divided land and the Iron Throne of the Seven Kingdoms, preparing to stake their claims through tempest, turmoil, and war. It is a tale in which brother plots against brother and the dead rise to walk in the night. Here a princess masquerades as an orphan boy; a knight of the mind prepares a poison for a treacherous sorceress; and wild men descend from the Mountains of the Moon to ravage the countryside. Against a backdrop of incest and fratricide, alchemy and murder, victory may go to the men and women possessed of the coldest steel … and the coldest hearts. For when kings clash, the whole land trembles.

 

Avis :  J’ai lu le premier tome de Game of Thrones (en fait A Song of Ice and Fire) en juillet 2014, et j’avais vraiment adoré, que ce soit l’histoire, la complexité des personnages, ou la densité de l’intrigue. Et je ne suis pas déçue avec ce deuxième volume !

Je me souvenais très bien de la fin du premier livre en commençant le second, et j’avais vraiment hâte de retrouver Daenerys !! J’ai été un peu étonnée que l’on ne commence pas par son point de vue, mais cela n’empêche pas que, dès le début du livre, l’histoire commence fort ! On se trouve dans un lieu que l’on ne connaît pas, Dragonstone, avec des personnages que l’on a dû apercevoir dans le premier livre, mais dont on ne sait pas énormément de choses, et une intrigue à découvrir peu à peu. En lisant cette première scène, on peut penser que le synopsis donne déjà toute l’histoire, mais l’on se trompe ! Tant de choses se passent dans ce tome qu’il est impossible de le résumer en si peu de mots. A nouveau, l’on adopte le point de vue de différents personnages, dont Daenerys, Jon, Bran et Catelyn, mais aussi Tyrion et Theon par exemple. Ainsi, l’on peut suivre l’action sur toute la surface des Sept Royaumes et même au-delà avec l’héritière des Targaryens. Le lecteur peut parfois être un peu perdu dans Westeros; heureusement que des cartes se trouvent dans le livre pour se repérer. Des amis qui regardent la série m’ont dit qu’ils avaient parfois eux aussi besoin de cartes pour s’y retrouver; en effet, l’on passe parfois de Winterfell à King’s Landing (là encore, ça va, puisque le premier tome tournait autour de ces villes), mais pour localiser Harrenhal, ou Highgarden, ou Pyke, j’ai eu un peu de mal ! L’on découvre aussi des lieux qui ne se trouvent pas dans les Sept Royaumes, notamment avec Daenerys. Le problème de la localisation ne gâche absolument pas le plaisir de la lecture pour autant ! C’est un bonheur de découvrir les intrigues mêlées de tous les personnages, qu’ils complotent contre leur propre famille ou qu’ils tentent de la sauver, et il n’est pas rare que le lecteur soit frustré quand il doit quitter un personnage dans une position délicate pour en suivre un autre ! Je me suis parfois dit qu’il serait intéressant d’avoir le point de vue de Cersei, que le lecteur n’a jamais, ou celui de personnages très mystérieux ou secondaires, comme Varys ou Shae. En se concentrant sur certains personnages, l’on partage leurs émotions et leurs sentiments, leurs espoirs, leurs peurs, leurs joies, et l’on a parfois du mal à prendre du recul pour considérer d’autres points de vue. J’ai trouvé qu’il y avait parfois de longs passages de description quand j’avais envie d’action, et de savoir ce qui allait arriver aux personnages. Une fois de plus, j’ai complètement voyagé avec ce tome, des neiges et du froid du Mur aux plaines toujours ensoleillées du Sud, jusqu’au désert hors des Sept Royaumes. De plus, l’écriture de l’auteur est claire, parfois très belle. Enfin, certains amis qui regardent la série me disaient qu’il y avait de nombreuses scènes sexuelles, mais j’avais trouvé que le premier tome n’en était pas envahi; c’est différent pour ce tome, où il commence à y avoir un certain nombre de viols, ce qui donne des scènes assez difficiles à lire … Certains passages sont également gores, que ce soit pendant des batailles ou des attaques inattendues …

Concernant les personnages, j’aime toujours autant ceux pour qui j’ai eu un coup de cœur : Daenerys, qui reste mon personnage préféré, et qui évolue beaucoup dans ce tome, désormais seule, elle devient une femme, alors qu’elle nous rappelle qu’elle n’a que quatorze ans ! De plus, j’adore les dragons, donc comment ne pas m’attacher à la Mère des Dragons ? ; Jon Snow, courageux gardien du Mur, qui doit affronter le Nord avec ses nouveaux frères et doit prendre des décisions qui peuvent détruire sa vie ; Arya, à qui il arrive tout un tas de choses en peu de temps, et qui doit elle aussi grandir vite afin de prendre des décisions difficiles à son âge, et de tout faire pour retrouver les siens ; et Catelyn Stark, de qui j’ai vraiment eu pitié dans ce tome, elle reste forte mais doit affronter des épreuves redoutables qui devraient la voir s’effondrer, mais qui la voient se dresser face à son ennemi comme une reine ! Cette fois, je me suis attachée à Tyrion, même s’il est du mauvais côté si l’on peut dire. En effet, il reste un Lannister, et parle parfois de son frère Jaime comme d’un héros. Il m’a fait pitié lui aussi : il voudrait vivre la vie d’un homme normal, ou se voir récompensé pour ses hauts faits, mais en raison de son infirmité et la haine de sa sœur contre lui, il ne récolte que des insultes, et l’infamie. Son amour pour Shae m’a touché, et ses intrigues complexes, telles des toiles d’araignées autour de ses ennemis m’ont passionnée. J’ai vraiment aimé lire les passages qui le concernaient. Pour ce qui est de Sansa, j’ai vraiment compati à sa douleur malgré le fait que je ne l’aimais pas du tout dans le premier tome. C’est tout de même une Stark, et elle déteste Joffrey et Cersei, comme la grande majorité des lecteurs je pense. J’ai également beaucoup aimé lire ses passages. Je me suis également attaché à Bran dans ce tome; resté seul à Winterfell avec son petit frère Rickon, il est désormais le Stark dans le château de son père et doit diriger comme tel. Il m’a parfois fait mal au cœur, lui qui ne peut rien faire sans les autres mais dont les rêves lui permettent à nouveau de courir et se sentir libre. Dans ce tome, l’on découvre aussi un nouveau point de vue, celui de Davos, un des chevaliers de Stannis Baratheon, personnage que l’on ne suivait pas dans le premier tome parce qu’il ne devait pas se passer grand-chose à Dragonstone avant la mort de Robert je suppose. Enfin, l’on suit Theon Greyjoy, que je me suis mise à détester dans ce tome. Il est arrogant, imbu de lui-même et prêt à tout pour prouver sa valeur, même au pire … Il nous permet aussi de découvrir de nouveaux personnages, ceux qui vivent dans les Iron Islands, comme Balon, son père, ou son oncle, Aemon, et leurs coutumes étranges. Concernant les personnages dont nous n’avons pas le point de vue, certains sont toujours aussi détestables : c’est le cas de Joffrey, qui a sa propre idée de la justice, de Cersei, maîtresse en manipulation et en cruauté, et de Jaime, prisonnier de Robb Stark mais qui ne perd rien de son arrogance. J’apprécie toujours Jorah Mormont, que l’on découvre un peu plus à travers les yeux de Daenerys, et les frères de Jon sur le Mur. On découvre aussi de nouveaux personnages, comme les amis d’Arya Stark, les habitants de Dragonstone, les partisans de Renly et Renly lui-même, ou les habitants des villes que traverse Daenerys. Certains marquent plus que d’autres, c’est le cas de Jagen H’quar, un personnage ambivalent qu’il est très difficile de cerner et de comprendre; de Gendry, dont on ne sait pas grand-chose, si ce n’est ce que l’on pourrait deviner; de Melisandre, qui est assez effrayante, même pour le lecteur, et qui emploie des procédés qui semblent vraiment sombres; de la famille Tyrell, et notamment Margaery, que l’on aperçoit ici et qui semble bien naïve et sympathique; de Renly, flamboyant roi qui ne sait pas vraiment ce qu’est la guerre et qui vit dans un monde de chevaliers de tournoi, ou Pyat Pree, sorcier aux lèvres bleues dont la vie ne sera plus jamais la même après le passage de Daenerys. Tous ces personnages sont très complexes et très complets, très réalistes, et il est très facile de s’imaginer à leur côté dans les situations qu’ils traversent. L’on partage ce qu’ils ressentent, et parfois, l’on peut s’identifier à eux. Un certain nombre de personnages meurt encore dans ce tome, parfois certains que l’on aimait beaucoup … J’ai parfois eu les larmes aux yeux en apprenant certains événements …

Je ne peux que conseiller la lecture de ce livre en anglais à ceux qui peuvent lire dans cette langue ! J’ai regardé un peu la traduction en français, truffée de mots compliqués sans qu’il y ait besoin qu’ils le soient et s’éloignant donc de la simplicité des mots de l’auteur. C’était parfois moins compréhensible que l’anglais alors que c’est ma langue natale ! Et, sans la traduction, il n’y a pas de barrière entre le texte authentique et le lecteur, qui peut découvrir la nuance des mots choisis par l’auteur, et non par le traducteur.

La fin de chaque point de vue m’a laissé sur ma faim ! On ne sait pas ce qui arrive à la majorité des personnages, notamment Tyrion, Arya, Theon. On ne connaît pas non plus la décision de Catelyn, même si on la devine, et on se demande ce qu’il va advenir de Jon ! Certains points de vue disparaissent également sans que l’on sache si les personnages concernés sont morts … De plus, on ne suit pas vraiment Robb Stark dans ce tome, si ce n’est à travers les corbeaux qu’il envoie à sa mère et à son oncle, ou par les échos des batailles qui viennent aux oreilles des Lannister. Enfin, le dernier chapitre est frappant !! Tout cela est très frustrant et donne envie d’immédiatement commencer le troisième tome, A Storm of Swords !

 

En résumé, un deuxième tome réussi qui place définitivement A Song of Ice and Fire dans les meilleures séries que j’ai lues !!

Geisha d’Arthur Golden

Posté : 21 avril, 2015 @ 12:29 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

GeishaGenre : Historique, Aventure

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 601

Synopsis : A neuf ans, Sayuri est vendue par son père à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d’extraordinaires yeux bleus, la petite fille se plie avec docilité à l’initiation difficile qui fera d’elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l’amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Ecrit sous la forme de mémoires, ce récit a la véracité d’un exceptionnel document et le souffle d’un grand roman.

 

Avis : Cela faisait un moment que je voulais lire ce livre (comme à peu près tous les livres de ma PAL …), mais une amie m’a poussé à commencer par celui-ci, en me disant que je ne le regretterais pas. Appréciant particulièrement de découvrir le Japon, et pouvant difficilement résister à une telle couverture, j’ai plongé !

Dès le synopsis, le lecteur sent que ce sera triste, et difficile pour la jeune héroïne. N’étant encore qu’une petite fille, elle est vendue par son propre père, et quitte son petit village de pêcheurs pour une ville dont elle ne sait rien, Kyoto, afin de devenir geisha. Avant de lire ce livre, j’avais un certain nombre d’a priori sur ce métier japonais. Je le rapprochais des prostituées ordinaires, mais je me suis vite rendue compte que cela n’avait pas grand-chose à voir. L’essentiel du métier de geisha n’est pas sexuel, il consiste à divertir des hommes par les arts, ou simplement en leur tenant compagnie. J’ai donc complètement plongé dans la découverte de cette nouvelle facette du Japon. Plus j’en lis sur ce pays, et plus je me rends compte que je n’en sais pratiquement rien ! Chaque lecture qui le concerne m’en apprend beaucoup, mais pas encore assez me semble-t-il. Revenons à l’histoire en elle-même ! Découvrir le quartier de Gion, et même les différents paysages de Yoiroido, Senzuru et Kyoto avant la Seconde Guerre mondiale, m’a vraiment fait voyager. La petite Sayuri avait l’habitude de se baigner dans un étang, dans son village, et elle nous le fait découvrir, comme la maison de M. Tanaka à Senzuru, ou l’okiya Nitta à Gion. Le lecteur aurait presque envie de se promener dans ces endroits que l’on ne trouve pas en Occident, où la tradition pèse sur les personnes qui doivent l’honorer. En effet, Sayuri, ainsi que toutes les autres geishas ou apprenties geishas, doivent s’y plier afin de conserver leur rang, ou d’en acquérir un plus élevé. Certains passages sont simplement étranges, puisque très éloignés de notre éducation occidentale ; mais d’autres sont aussi choquants. Pour se faire connaître, ou détruire une rivale, les geishas sont parfois prêtes à tout, comme Hatsumomo. La carrière d’une geisha peut être compromise par une simple histoire inventée. De plus, Arthur Golden a choisi la narration à la première personne, ce qui nous permet vraiment d’entrer dans le monde des geishas. Sayuri nous raconte son histoire, et la poésie naturelle des Japonais se retrouve dans son récit, avec les nombreuses images qu’utilise la jeune fille. C’est vraiment une très bonne façon d’inclure le lecteur dans un univers qu’il ne connaît pas. De plus, le prologue donne l’illusion d’une véritable histoire, d’une personne qui a vraiment existé et qui désire vraiment nous raconter sa vie. Enfin, avec cette narration, le personnage principal peut nous expliquer certains rituels ou certains termes que l’on ne peut comprendre sans cela, comme mizuage, danna ou la cérémonie des sœurs, mais aussi mieux nous faire éprouver des sentiments comme la tristesse, la haine, ou le dégoût qu’elle ressent.

Concernant les personnages, je les ai trouvé très réalistes et complexes : ce ne sont ni des caricatures ni des simplifications de personnages. D’abord, il est très facile de s’attacher à Sayuri. Lorsqu’elle commence son récit, elle n’est plus geisha, et elle parle directement au lecteur pour lui dire qu’elle va lui raconter son histoire. Un lien se crée tout de suite avec ce personnage qui va nous guider dans un monde que l’on ne connaît pas. Tout commence pour elle dans un petit village, Yoroido, où elle vit avec son père, sa mère et sa sœur, Satsu. Elle y sera arrachée et sera emmenée de force à Gion, dans une okiya où vivent Mère, Granny, Tatie, Pumpkin et Hatsumomo, la grande ennemie de Sayuri. Elle éprouve alors, au fil de son histoire, tout un tas de sentiments assez contradictoires parfois. De la tristesse et du désespoir d’avoir perdu son foyer, de la reconnaissance pour ceux qui l’aident, de la haine pour ceux qui la méprisent et la maltraitent, de la joie face à ses réussites, de l’amour aussi pour un personnage qu’elle n’oubliera jamais. Dans certains passages, la réaction du personnage pourrait être la nôtre, mais parfois, il est difficile de s’imaginer dans sa situation, lors du mizuage, ou du passage du théâtre à Amani par exemple. Tout le long du livre, Sayuri se bat pour réussir, travaille, tente de montrer qu’elle peut devenir une grande geisha, et reçoit une aide à laquelle elle ne s’attendait pas. Elle fait aussi des choix étranges parfois, mais reste guidée par le désir de conquête de celui qu’elle aime. Hatsumomo, quant à elle, est un personnage détestable, cruel, égoïste, qui ne recherche que son propre intérêt et tente d’écraser ses rivales. C’est grâce à elle que l’on découvre Mameha. La rivalité entre ses deux femmes est une clé importante de l’histoire. Elles sont l’opposé l’une de l’autre. Hatsumomo fera tout pour gâcher la vie de Sayuri, quand Mameha n’use pas de ce genre de moyens pour détruire quelqu’un : elle se sert plutôt de ce que la personne est déjà. La fin de la première m’a fait pitié, bien que je l’aie détesté la majeure partie du livre ; quant à la seconde, le lecteur peut s’attacher à elle tout en ayant une certaine réserve parfois, puisqu’elle est aussi prête à tout, notamment dans le passage du couteau de la cuisinière. Pumpkin est un personnage qui évolue dans ce livre : elle passe d’enfant à adulte, mais se trouve aussi sous la férule d’Hatsumomo, ce qui n’aide pas son amitié avec Sayuri. Elle m’a parfois fait pitié, et je me suis un peu attachée à elle ; mais un passage nous fait tout remettre en question sur ce personnage. Il est possible de comprendre son attitude, mais elle n’en est pas moins choquante. Tatie, Mère et Granny sont les femmes qui se trouvent à l’okiya Nitta : la première est assez attachante, et est proche de la petite Sayuri ; j’ai trouvé les deux dernières détestables du début à la fin, de vieilles mégères qui ne pensent qu’à l’argent. Les hommes sont parfois importants eux aussi, c’est notamment le cas d‘Iwamura Ken, personnage récurrent mais à propos duquel on ne sait pas vraiment se faire d’opinion car la narratrice n’est pas objective quand elle nous parle de lui ; Nobu Toshikazu, un homme bon au physique repoussant à qui le lecteur peut s’attacher, et que l’on plaint parfois ; le Baron, ou l’homme le plus haïssable du livre. D’autres personnages marquent le lecteur, comme le personnage de Satsu, la sœur de Sayuri, vouée à un destin malheureux à première vue, les parents de Sayuri, et surtout sa mère.

Les geishas sont parfois très jeunes quand elles commencent leur formation, et leur mizuage est convoité par certains hommes. Les pratiques qui tournent autour de lui sont assez choquantes. Un passage raconte la découverte du sexe par Sayuri : elle se voit expliquer ce qui se passe lorsqu’un homme « se couche sur » une femme. Ce récit peut faire rire, car la tradition et la façon de présenter le sexe ne sont pas du tout les mêmes dans le Japon traditionnel et en Occident actuellement, mais il peut aussi alarmer le lecteur, car la fille est jeune et comprend ce qui se passe par images. C’est aussi une façon plus poétique d’en parler que de le dire crûment.

La fin m’a assez surprise, je ne pensais vraiment pas à ce genre de scénario, mais, en prenant du recul, il y avait quelques indices. J’ai trouvé que c’était plutôt une belle fin.

 

En définitive, un livre coup de cœur qui nous fait découvrir une nouvelle facette du Japon, et qui m’a donné envie d’en découvrir encore plus !

L’Œuvre de Zola

Posté : 8 avril, 2015 @ 10:14 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

L'Œuvre Genre : Classique

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 489

Synopsis : Dans aucun autre roman Zola n’a mis autant de lui-même que dans L’Œuvre. Zola, le critique d’art, ami de Cézanne, fervent défenseur de toute l’avant-garde qu’incarne Claude Lantier dans le roman. Zola, l’écrivain naturaliste, rêvant de donner son existence « à une œuvre où l’on tâcherait de mettre les choses, les bêtes, les hommes, l’arche immense ». Zola, l’homme enfin, et les souffrances quotidiennes de la création vues à travers l’insatisfaction et l’angoisse de déchoir d’un peintre génial et d’un romancier travailleur. L’Œuvre ou le roman de la passion de l’art au détriment de la vie et de l’amour.

 

Avis : Ce livre m’a été conseillé par une amie qui m’est très chère : je ne pouvais donc pas lui refuser cette lecture ! J’avoue (shame on me !) que je n’avais jamais lu Zola avant ce livre : je n’avais pas très envie de me frotter à ce géant, surtout quand j’entendais les commentaires qui évoquaient la longueur de certaines pages, la difficulté à arriver au bout. Et, en fin de compte, je remercie vraiment mon amie pour m’avoir poussée à lire L’Œuvre !

L’histoire est centrée sur un peintre, Claude Lantier, qui a du mal à se faire connaître, et qui se voit toujours refuser les tableaux qu’il envoie au Salon. Etant donné que j’adore tout ce qui touche à l’art, je me suis tout de suite dit que ce livre avait une chance de m’intéresser. Et, en effet, dès le début, j’ai été happée dans le livre. La première scène entre Claude et Christine m’a immédiatement charmée : la force de la peinture, la difficulté de Claude à se maîtriser quand il s’agit de son art, l’innocence de Christine qui découvre un monde très éloigné du sien. J’ai tout de suite eu envie de découvrir la suite de l’histoire, de savoir s’ils allaient se revoir, si Claude réussirait sa toile, si Sandoz publierait un roman qui aurait du succès, si les amis de Claude, eux aussi, connaîtraient la réussite. Mais le monde que nous présente l’auteur, celui des artistes à Paris, est un monde compliqué où ceux qui ont du talent ne sont pas toujours ceux qui ont du succès. Cela donne naissance à certaines pages qui m’ont transportée, m’ont fait ressentir ce que devaient éprouver les personnages : de la joie, du bonheur, de la tristesse, du désespoir. Cette exposition de l’art dans une œuvre littéraire m’a vraiment touchée. L’écriture de Zola est vraiment belle, et fait ressentir quelque chose au moment de la lecture. De plus, il semble que Zola parle de lui à demi-mots dans ce livre : on le retrouve dans le projet de Sandoz, on retrouve ses amis dans ceux de Claude, et plus particulièrement Cézanne et Manet dans le personnage principal. Enfin, le passage de la vie à Bennecourt était un de mes passages préférés du livre avec le début et la scène avant la fin. Elle donne un aperçu de la vie à la campagne, d’un bonheur simple et champêtre, sans soucis et sans contraintes, mais aussi sans amis, avec une personne choisie, qui éloigne Claude de sa folie d’artiste. En lisant ce passage, je me suis dit que ce n’était pas la meilleure chose à faire : il s’éloigne de son rêve et s’empêche de le réaliser en plongeant dans l’oisiveté. Pourtant, parfois, cela vaut mieux semble-t-il. J’ai changé de vision sur ce passage en lisant la fin du livre.

Le réalisme des personnages est frappant : ils sont complexes, touchants. Claude est un acharné de travail qui ne se rend pas compte qu’il passe à côté de sa vie. Il a des amis, mais pas vraiment de famille, et il passe son temps à penser à ses toiles, à sa peinture d’avant-garde qu’il voudrait faire apprécier dans tout Paris. On peut s’identifier à lui si l’on est proche de l’art, ou si l’on en exerce un, et cela peut faire peur : sa vie n’est pas vraiment celle que l’on peut rêver d’avoir, puisque, souvent, le rêve d’un artiste est de vivre de son art, ce qui n’est pas le cas ici. Il se laisse souvent emporté par sa peinture, au risque de faire des choses qu’il regrette ensuite. Christine, quant à elle, représente l’innocence et la pureté dès son apparition au début de l’œuvre. Je me suis immédiatement attachée à elle, et j’ai espéré qu’elle reparaîtrait dans le livre par la suite. Elle est douce, pleine d’amour et de passion, et elle veut lui laisser libre cours, ce qu’elle fait un bref moment. Quand elle se trouve empêchée de l’exprimer, elle fait tout pour satisfaire celui qu’elle aime, pour lui être agréable. Elle est souvent bafouée, méprisée, et j’ai souvent eu pitié d’elle. Elle n’ose pas réagir, et cela la place dans une position qui la dégoute. En plus de Christine, j’apprécie particulièrement le personnage de Sandoz. L’écrivain a un projet pharaonique, comme celui de Zola : réaliser une grande œuvre qui montrerait toutes les facettes de la vie humaine. Mais, comme son ami Claude, il est tiraillé par les douleurs de la création. Cela lui prend du temps, et il vit dans un brouillard, il ne voit plus sa famille, fait des choses sans s’en rendre compte parce qu’il pense à autre chose. Il est très présent pour son ami, et c’est le seul à rester quand tous sont partis. Même quand Claude le repousse, il est là, il le soutient. Il est également franc avec lui, et lui dit quand une toile n’aura pas de succès par exemple. Il lui souffle des idées à l’oreille, comme celle concernant la femme qu’il aime. Jacques est, quant à lui, un personnage assez difficile à apprécier. Il fait souvent pitié, mais on ne peut pas dire qu’il soit vraiment attachant. Les autres amis de Claude, Dubuche, Jory, Mahoudeau, Fagerolles, Gagnière, sont assez ambivalents : chacun d’eux recherche le succès par des voies différentes. Vers la fin, le vœu de Sandoz ne se réalise pas, et la nature humaine refait surface chez les amis de longue date.

L’auteur présente, dans cette œuvre, l’art dans toute sa difficulté : celle de créer, celle de donner vie à son œuvre, celle d’être satisfait de ce que l’on fait, mais aussi celle d’être reconnu par ses contemporains. On y trouve la douleur de la création, la cruauté de celle-ci, qui n’est que rarement à la hauteur des espérances de l’artiste, l’envahissement que représente l’art dans la vie de celui qui peint ou qui écrit. Il n’y a que peu de place pour quoi que ce soit d’autre. Cela montre une autre facette de l’art, là où l’on ne pouvait voir que le succès, l’argent et le bonheur d’être connu, ou la médiocrité, le manque de talent et la misère. Le choix des artistes à succès se fait au Salon, ou à l’Institut, et cela ne veut pas dire que ceux qui sont refusés sont mauvais. Pourtant, ceux-ci ne sont pas appréciés à leur juste valeur : c’est en tout cas, ce que l’on peut comprendre ici.

La fin est ambivalente : juste avant la scène finale, une autre nous donne de l’espoir. J’ai aimé ce passage, qui sonne un peu comme une révélation. Mais l’ultime scène est désespérante, et m’a glacé d’effroi. Pourtant, si l’on prend du recul, elle était prévisible. Est-ce que le livre pouvait vraiment finir autrement ? La dernière phrase prononcée par Sandoz m’a semblé montrer toute l’ironie de la situation : lui y retourne …

 

En définitive, un livre que j’ai vraiment adoré, qui m’a transportée et m’a donné une autre vision du métier d’artiste. Sans doute un de mes livres préférés !

 

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