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I found myself in Wonderland.

Frankenstein de Mary Shelley

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 25 mars 2015 @ 16 h 07 min

Frankenstein Genre : Classique, Science-Fiction

Editeur : Penguin Classics

Année de sortie : 1992

Nombre de pages : 215

Synopsis : Mary Shelley’s fable of the new Prometheus is the only Gothic novel that still reaches a wide and appreciative audience. A brilliant synthesis of contemporary philosophy, literary influences and personal vision, Frankenstein was a bestseller but not a great critical success when it first appeared in 1818. Frankenstein’s presumptuous act of creation, although begun with the best of intentions, is doomed to failure, for man cannot hope to penetrate the secrets of nature. In recounting this chilling tragedy, Mary Shelley demonstrates both the corruption of an innocent creature by an immoral society and the dangers of playing God with science. For this newly revised edition of Frankenstein, Maurice Hindle has made many editorial additions. These include a collation of the texts of 1818 and 1831 and the reprinting of Dr John Polidori’s ‘The Vampyre’, making this companion tale to Frankenstein available for the first time. His masterly Introduction places this extraordinary novel in its historical and literary context.

 

Avis : Cela fait un bon moment que je veux lire ce livre, un classique de la littérature anglaise de science-fiction. Je la place souvent près de Dracula et de Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde. Et je pense que, dans mon top livre, j’ai raison.

Tout comme dans ces deux livres, j’ai trouvé tout ce que j’aime dans Frankenstein : à la fois de l’horreur et de la fantasy, mais on peut ici ajouter du lyrisme et un certain romantisme également. La façon de raconter l’histoire est intéressante : Frankenstein raconte son histoire à Walton, le capitaine d’un navire pris dans les glaces. Cela permet vraiment au lecteur d’entrer dans le livre, et de vivre ce qui est raconté puisque l’on a l’impression que c’est à nous que Frankenstein parle directement, avec ses apostrophes et ses allusions à son présent. L’histoire est, évidemment, terrifiante, mais elle l’est encore plus aujourd’hui, me semble-t-il, avec les avancées de la science. J’ai un peu vu, dans le monstre de Frankenstein, les robots que l’on crée de nos jours, et qui pourraient un jour échapper à leur créateur. C’est assez impressionnant de s’imaginer dans la situation présentée par l’œuvre. Et, avec la façon dont le livre est écrit, on s’identifie facilement aux personnages.

En ce qui les concerne, ils sont assez ambivalents. On peut ressentir de la sympathie pour Frankenstein, qui va tout perdre, et qui va, par là même, nous faire de la peine. Mais l’on en ressent aussi pour le monstre : malgré ses crimes, il est touchant par sa bonté naturelle, par son amour de la race humaine, de la nature, de la vie en général. On peut s’imaginer à sa place tout comme à celle de Frankenstein. En même temps, c’est assez étrange d’apprécier le « méchant » de l’histoire : le monstre est très repoussant par ses actes, par sa haine et la revanche qu’il veut prendre sur son créateur, qui lui aussi, nous indigne : s’il avait pris ses responsabilités, peut-être que l’histoire aurait été différente. Après tout, les créations sont comme des enfants qu’il faut éduquer et aider, qu’il faut couver pour leur faire prendre leur envol petit à petit, et non les laisser dans la nature, livrés à eux-mêmes. Les autres personnages sont aussi attachants. Tout d’abord, Elizabeth et le père de Frankenstein, vus par les yeux de ce dernier. La première est comme une petite fleur qui s’épanouit sous les yeux du personnage principal, qui l’aime sincèrement. Le second semble émouvant et simple, aimant avec ses enfants. Il est également facile de s’attacher au petit William, qui n’apparaît pas beaucoup dans le livre. L’on ne peut que ressentir une tristesse immense quand l’on découvre son destin. On s’attache aussi à Félix, Agatha et leur père, De Lacey, même si ceux-ci sont présents pendant un court passage. Ils ont tout de même une place prépondérante dans la vie du monstre, et l’on s’y attache à travers lui. Clerval et Walton sont également des personnages que l’on apprécie. Ce sont deux amis de Frankenstein très différents l’un de l’autre. Le premier incarne la joie et l’amitié pure et dure, dans le sens où il pourrait faire n’importe quoi pour son ami. Le dernier prend la place du lecteur pendant la majeure partie du récit, donc l’identification avec lui est très forte. Il reçoit l’histoire que nous-mêmes nous recevons.

On peut lire et interpréter l’œuvre de différentes façons : parfois celles-ci sont données dans le synopsis. Par exemple, le fait que l’homme veuille devenir créateur, veuille créer la vie et donc prendre la place de Dieu sur Terre. La punition divine est fatale à celui qui désire donner la vie autrement que naturellement : tel peut être le message. Mais on peut également voir dans le monstre l’homme lui-même, corrompu par sa propre société, corrompu par les autres hommes, un homme qui était bon à la base et qui se pervertit au contact des autres. Le livre peut donc donner une vision très noire de l’Humanité, très pessimiste, qui m’a un peu fait penser à Rousseau, dans sa théorie de l’homme naturel, et de l’homme culturel. On peut également simplement lire le livre comme une histoire d’horreur, sans aucune métaphore. Enfin, ce livre fait réfléchir sur le fait de créer et la responsabilité du créateur envers la créature, comme je le disais à propos du monstre.

La fin est à la fois prévisible et inattendue : prévisible pour ce qui arrive à Frankenstein ; inattendue pour la réaction du monstre. En fait, on aurait pu s’y attendre aussi avec du recul.

 

En définitive, un livre passionnant, haletant, terrifiant, qui fait réfléchir. C’est une de mes œuvres favorites.

 

Challenge des 100 livres à lire au moins une fois

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