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I found myself in Wonderland.

Un repas en hiver de Hubert Mingarelli

Classé dans : Avis littéraires — 5 janvier 2015 @ 18 h 32 min

Un repas en hiver Genre : Historique

Editeur : J’ai lu

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 124

Synopsis : Pendant la Seconde Guerre mondiale, trois soldats allemands sont envoyés à la chasse à l’homme au fin fond de la forêt polonaise, malgré un hiver d’une extrême rigueur. Ils débusquent presque par hasard un jeune Juif, alors promis à une mort certaine. Tiraillés par la faim, ils vont procéder, dans une ferme abandonnée, à la laborieuse préparation d’un repas avec le peu de vivres dont ils disposent. Confrontés à l’antisémitisme d’un Polonais de passage, un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur prisonnier va se réveiller dans le cœur des soldats.

 

Avis : Encore un livre sur la guerre, il faut croire que j’aime ça ! Celui-ci est assez original je trouve ; en tout cas, le synopsis m’a donné envie de voir ce que cela pouvait donner !

On suit trois soldats allemands, le narrateur, dont on ne connaît pas le nom, Emmerich et Bauer. Ils semblent mal supporter la vie qu’ils mènent, une vie faite de fusillades et de froid hivernal. Ce dernier est omniprésent dans la première partie du livre : j’ai eu froid avec eux rien qu’en imaginant ce qu’ils devaient ressentir ! L’image de l’impression d’une baignoire gelée si l’on ouvre un manteau me reste en mémoire … La forêt où les soldats se trouvent m’a semblé assez lugubre, l’atmosphère qui s’y trouve est assez oppressante et donne envie de la fuir plus que d’y flâner. Et pourtant, même si on y passe très peu de temps, l’endroit où les trois soldats vivent semble pire qu’elle ! Dans cette première partie, les Juifs, que les personnages doivent traquer, sont mentionnés, mais jamais par leur nom : on parle d’eux en disant « Il en passe » par exemple, ou « Il en arrive ». J’ai dû relire au début, parce que je me demandais à quoi les personnages se référaient, mais j’ai vite compris qu’ils parlaient de Juifs. La traque est donc toujours présente, même si les personnages parlent de leur vie personnelle plus que de leur vie quotidienne au gymnase. Leur vie personnelle, d’ailleurs, semble assez différente les unes des autres. Celle d’Emmerich est peut-être plus parlante pour certains parce qu’il a un fils auquel il pense sans cesse. Celles de Bauer et du narrateur semblent un peu plus proches, mais on ne sait pas grand-chose de Bauer. Parfois, le narrateur parle d’épisodes futurs, ce qui peut un peu perdre le lecteur. J’ai eu parfois besoin de relire un passage pour bien comprendre où il se situait dans le temps. La misère de la vie de soldat allemand est consternante. Je savais que cela n’avait pas été facile, mais on voit rarement la vie des soldats allemands. On s’imagine souvent qu’ils collaboraient totalement. Ce livre montre que ce n’est pas le cas, et nous pousse à réfléchir sur les généralisations que l’on fait souvent. L’élaboration du repas est très longue, j’ai eu peur de m’ennuyer un peu, mais finalement non. Cette lutte pour manger m’a un peu impressionné. Je ne m’imagine pas du tout dans cette situation.

Le narrateur semble plus rêveur que les autres personnages, et plus capable de s’évader de sa vie de soldat allemand. Il est assez attachant, on s’identifie facilement à lui, même si cela peut paraître difficile de s’imaginer à sa place. Bauer semble plus agressif et plus brut que les deux autres personnages. Il est le seul que l’on « entend » crier dans le livre. Il s’emporte parfois, et prend des décisions sur des coups de tête, des décisions qu’il peut regretter par la suite. Emmerich est également attachant, et ce qu’on apprend sur lui est assez triste. Il est peut-être le personnage auquel on s’attache le plus, au vu de ce qui lui arrive, et des histoires dont il parle à ses deux camarades. Le Polonais, qui apparaît à peu près au milieu du livre, est assez mystérieux, on ne sait pratiquement rien de lui. Il m’a paru très antipathique du fait de son antisémitisme, évidemment. Le passage sur son visage est assez parlant. Quant au Juif, on sait simplement de lui qu’il est jeune, et qu’il se laisse faire, qu’il n’a aucun espoir.

La fin m’a déplu, je l’ai trouvé trop rapide. Je pensais qu’elle serait différente. J’ai trouvé que c’était trop abrupt, c’est un peu dommage.

 

En définitive, un bon livre, mais dont je n’ai pas aimé la fin.

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