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I found myself in Wonderland.

Graziella de Lamartine

Classé dans : Avis littéraires — 16 décembre 2014 @ 18 h 57 min

Graziella Genre : Classique

Editeur : Librio

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 111

Synopsis : « Ses yeux étaient de cette couleur indécise entre le noir foncé et le bleu de la mer, qui mêle la tendresse de l’âme avec l’énergie de la passion. » Graziella, lumineuse apparition au beau milieu de l’une nuit de tempête … Le jeune Lamartine ne lui résistera pas. Il a dix-huit ans et découvre l’Italie ; elle est la fille d’un pêcheur de l’île de Procida. Premiers frissons d’amour, serments volés parmi les vignes et les jardins fleuris d’Italie. Mais le drame couve. Les promesses d’éternité et d’absolu n’effacent pas le poids des conventions. Bien des années plus tard, le poète se souvient, images obsédantes et cruelles de la déchirure d’un amour pur.

 

Avis : Je voulais d’abord dire que je trouve le synopsis de cette édition assez mal fait. Certains mots utilisés peuvent donner une impression qui n’est pas celle que donne le livre. Par exemple, dire que « Lamartine ne lui résistera pas » peut faire penser qu’ils ont eu une aventure amoureuse, ce qui, en réalité, n’est pas vraiment le cas. Sinon, la couverture de l’édition est très belle, je trouve, et, tout au long de ma lecture, j’ai identifié Graziella au personnage du tableau.

Je ne m’attendais pas à aimer autant ce petit livre. Je n’ai jamais lu les poèmes de Lamartine, que j’ai pourtant dans ma PAL, et j’en ai souvent entendu du mal : il se lamente toujours sur son sort, il ne fait que pleurer tout le temps, il n’est pas viril (ce que dit Flaubert). J’avais donc un peu peur de trouver trop de lamentations et de plaintes. Mais finalement, ce n’était pas le cas.

Graziella est un de ces livres dont l’intrigue s’installe progressivement. L’action commence quand le narrateur part seulement pour l’Italie avec un membre de sa famille. Il passe ensuite un moment seul puis il va à Naples, où il retrouve un ami. Il ne rencontrera Graziella qu’ensuite. En réalité, ce personnage n’est pas du tout présent dans les premiers moments du récit. J’ai vu le début comme une sorte de présentation de la personnalité du narrateur, qui nous parle notamment de son amour de la liberté, de l’Italie, de Rome, et notamment de deux monuments : le Colisée et la Basilique Saint-Pierre ; j’ai trouvé le « chapitre » qui les concerne très intéressant . J’ai particulièrement aimé ce passage, ainsi que ceux où il parle plus de ses sentiments généraux que du voyage en lui-même. Survient alors ce que l’auteur a choisi d’intituler « Episode », et je peux dire que c’est à ce moment que je suis vraiment entrée dans l’histoire. L’écriture de Lamartine m’a donné l’impression d’être avec lui sur la barque, et de lutter moi aussi. La première apparition de Graziella semble vraiment avoir marqué le narrateur. Par la suite, il vit à Naples.

Je n’ai pas trouvé de longueurs à ce livre, et l’écriture m’a tellement enchantée que j’y suis restée scotchée jusqu’à la fin. Je ne sais pas si on peut vraiment parler de passion (peut-être juste avant la fin), mais d’amour, sans doute. Il semble s’installer très doucement, sans que les personnages ne s’en rendent compte. Et nous, lecteurs, bien sûr, rien qu’avec le titre du livre, qui donne toute son importance au personnage de Graziella, nous savons déjà qu’il s’installera. La relation entre le narrateur et la jeune fille est très pure, comme le dit le synopsis : c’est sans doute pour cela que je n’arrive pas vraiment à l’associer à la passion, si ce n’est juste avant la fin, avec ce qu’elle fait « pour lui » si l’on peut dire.

Je me suis attachée facilement aux personnages du narrateur et de Graziella. Le narrateur est censé être Lamartine lorsqu’il avait dix-huit ans. J’ai décidé de me prendre au jeu de l’auteur et de considérer que c’est bien lui qui a vécu ce qu’il raconte : mais nous n’en avons aucune preuve. Certains lecteurs peuvent être sceptiques et décider de lire ce livre comme un roman plus que comme un épisode autobiographique de la vie du poète. Le présent se mêle parfois au passé quand Lamartine repense à l’amour qu’il a ressenti pour Graziella. L’auteur écrivant se juge plus jeune, en se trouvant naïf et pas encore assez mûr pour un tel amour. Il semble regretter cette jeunesse et se souvient de Graziella à la fois avec joie et tristesse. La jeune fille, quant à elle, n’est perçue qu’à travers les yeux du poète, et il ne peut que nous la faire aimer. Dans sa description, Graziella semble douce, mais courageuse, et capable de décider de grandes choses sur un coup de tête, parce qu’elle est malheureuse, au désespoir, et qu’elle ne voit pas d’autre solution. Les passages où l’on décrit sa douleur m’ont fait monter les larmes aux yeux. Elle est touchante dans son amour, et, à la fin, j’ai découvert sa passion pour Lamartine. En revanche, je ne pensais pas du tout à son âge, qui m’a un peu surprise, mais, qui, avec du recul, ne m’étonne pas tant que cela. La famille de la jeune fille est touchante elle aussi de par sa simplicité et son amitié pour Lamartine, qu’elle accueille comme un fils la seconde fois.

Comme je m’y attendais, la fin est triste, et assez abrupte. Le chapitre XXXVI est magnifique, et m’a vraiment émue, notamment le troisième paragraphe. A la fin, Lamartine a glissé un poème qu’il a écrit pour Graziella : sublime, il retrace leur rencontre et leur amour. Les dernières lignes du livre tendent à confirmer que l’épisode est bien autobiographique, et je préfère me dire qu’il l’est, comme l’auteur voulait le faire croire à ses lecteurs.

Evidemment, tout au long du livre, l’écriture de Lamartine est magnifique. On reconnaît tout de suite le poète en lui, et j’ai vraiment adoré la façon qu’il a de raconter les choses en y mêlant sa poésie.

 

En définitive, un très beau livre, assez émouvant, poétique, qui retrace un amour qui s’installe insidieusement pour finalement exploser au grand jour.

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