Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour novembre, 2014

Enfance de Nathalie Sarraute

Posté : 30 novembre, 2014 @ 11:28 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

EnfanceGenre : Autobiographie

Editeur : Folio

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 277

Synopsis : Ce livre est écrit sous la forme d’un dialogue entre Nathalie Sarraute et son double qui, par ses mises en garde, ses scrupules, ses interrogations, son insistance, l’aide à faire surgir « quelques moments, quelques mouvements encore intacts, assez forts pour se dégager de cette couche protectrice qui les conserve, de ces épaisseurs ouatées qui se défont et disparaissent avec l’enfance ». Enfance passée entre Paris, Ivanovo, en Russie, la Suisse, Pétersbourg et de nouveau Paris. Un livre où se dessine l’œuvre à venir, d’une sonorité unique à notre époque.

 

Avis :J’ai entendu tellement de commentaires négatifs sur ce livre que j’en ai retardé la lecture un certain temps, certaine que j’allais penser comme tout le monde. Quand j’ai commencé, j’ai eu un peu de mal avec les premières pages, et je me suis dit que les autres avaient raison, que, comme eux, je n’aimerais pas. Et bien je me suis trompée !

J’ai beaucoup aimé ce livre ! Le début est, il est vrai, un peu spécial, et on ne comprend pas forcément tout ce que l’auteure dit lorsqu’elle se parle à elle-même. On peut se sentir un peu exclu. Puis, les deux premières scènes d’enfance de Nathalie Sarraute sont, elles aussi, assez spéciales. C’est une entrée en matière qui peut rebuter certains lecteurs, surtout le deuxième passage qui m’a paru assez dégoutant. J’ai vraiment commencé à apprécier le livre à partir du moment où l’auteure plonge pleinement dans l’enfance et nous parle de sa famille, de ses amis, de ce qu’elle faisait enfant. On assiste à toutes les petites (et grandes !) trahisons des adultes, à ce que ressent la petite, mais surtout à ce que ressent l’auteure au moment où elle écrit. Lorsqu’elle met des mots sur ce qu’elle doit avoir ressentir, selon ce dont elle se souvient, elle admet que ce sont des mots et des images qu’elle n’aurait jamais employé à l’époque parce qu’elle ne pouvait pas encore ressentir tout l’impact que ce qu’elle vivait pouvait avoir. Il semble qu’elle ne se rend compte de tout ce qui lui arrive, et l’auteure, une fois adulte, explique comment elle l’a ressenti par la suite. Les nombreux voyages qu’a faits l’enfant nous font voir différents endroits, et notamment la Russie et Paris, où la petite passe la majeure partie de son enfance. La vision qu’elle a des lieux nous les fait voir d’une façon différente de ce dont on a l’habitude. Quand elle parle de noms de rue que les touristes aiment, elle explique qu’elle ne peut pas les aimer parce qu’ils sont reliés à des souvenirs de tristesse, de grisaille, d’abandon.

Les personnages, qui sont ici des êtres réels, sont vus à travers les yeux de la petite, mais aussi de l’auteure qui écrit. Celles-ci peuvent elles aussi être considérées comme des personnages. La petite est très attachante, on se retrouve parfois en elle enfant, et l’on partage ses joies et ses peines. Mais, parfois, du fait de son âge, elle ne comprend pas ce qui lui arrive vraiment, et cela m’a un peu serré le cœur. L’auteure, elle, comprend. Elle est composée de deux personnages, on peut dire, puisqu’elle dialogue avec elle-même. L’une « pose les questions », ou, en tout cas, pousse l’autre à se souvenir, à plonger dans le passé et à repêcher des souvenirs enfouis en elle. Celle qui se souvient est la narratrice, elle exprime ses sentiments d’adulte et essaie de se souvenir de ce qu’elle a dû ressentir enfant, lorsqu’elle était face aux situations relatées. On peut sentir parfois la sincérité de l’auteure, qui nous fait comprendre qu’elle a peut-être embelli un passage, qu’elle ne se souvient plus à la perfection de tel moment ou de tel autre. Ses parents sont omniprésents dans tout le livre, ce qui n’est pas forcément le cas dans tous les livres d’enfance. La mère est un peu idéalisée par sa petite fille, puis l’auteure ouvre les yeux au fur et à mesure qu’elle parle de ses souvenirs. On découvre qu’elle n’a pas forcément les réactions que l’on peut attendre d’une mère, qu’elle n’est pas si parfaite et si aimante que cela, et qu’elle ne parvient pas à comprendre Nathalie comme son père, par exemple, la comprend. Je n’ai pas vraiment apprécié la mère, et même pas du tout parfois. Le père, lui, est un personnage qui évolue : de joyeux et expressif avec sa fille, à qui il donne des surnoms qui m’ont fait sourire, il devient plus fermé, et même, – j’ai eu cette impression parfois – plus terne. Il se rembrunit, et pourtant la petite l’aime toujours autant. Leur relation est très particulière et fait un peu rêver sur les relations père/fille. C’est un personnage qu’il est difficile de ne pas trouver attachant il me semble. Véra, quant à elle, apparaît plus tard que le père et la mère – dont les noms n’apparaissent qu’une fois dans tout le livre il me semble -. J’ai trouvé que c’était un personnage que l’on ne pouvait pas vraiment aimer et pas vraiment détester. Elle est un peu entre les deux. Elle penche parfois vers la marâtre et, parfois, vers la gentille belle-mère. Le personnage de Lili est peu développé, et on peut comprendre pourquoi : l’auteure semble ne pas avoir d’affection pour elle, et éviter tout rapport. D’autres personnages se croisent, comme la « grand-mère« , ou Micha.

Ce livre nous présente aussi l’école à l’époque, et les façons de faire apprendre certaines choses aux enfants, comme l’anglais par exemple. C’est une tout autre vision, qui nous montre que la vie n’était absolument pas la même avant la première guerre mondiale et pendant cette guerre que la nôtre. J’ai trouvé cela enrichissant.

La fin est assez brutale. L’auteure s’arrête, comme si elle avait fini de parler de son enfance, comme si le moment qui suivait n’en faisait pas vraiment partie. Le dialogue prend fin sur le mot même d’enfance.

 

En définitive, un livre que j’ai vraiment aimé, même si ce n’est pas vraiment un coup de cœur. La façon d’écrire peut surprendre, mais l’on s’y fait rapidement, et l’on aime suivre la petite Nathalie dans l’enfance.

La chance que tu as de Denis Michelis

Posté : 28 novembre, 2014 @ 10:27 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

La chance que tu as Genre : Contemporaine

Editeur : Stock

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 153

Synopsis : « Ici au moins, il est au chaud. Ici au moins, il est payé, nourri, blanchi. Ici au moins, il a du travail. L’enfermement le fait souffrir certes, mais pense un peu à tous ceux qui souffrent vraiment. Ceux qui n’ont plus rien. Alors toi, tu as une situation et un toit où dormir, ça n’est pas rien tu sais. Et tu oses te plaindre. »

 

Avis : J’ai reçu ce livre de l’auteur en novembre, mais je n’ai pas pu le livre tout de suite, malheureusement. Je me suis dit qu’il fallait que je trouve du temps, ce que j’ai fait aujourd’hui, et je ne le regrette pas !

Avant toute chose, je voulais dire que j’ai trouvé très innovante la façon de représenter l’auteur : avec des mots, comme s’il en était constitué. C’est une belle façon de représenter un écrivain je trouve, c’est aussi comme s’il mettait une part de lui-même dans son œuvre.

J’ai vraiment été scotchée par ce livre ! Je ne savais pas à quoi m’attendre, et je pense que c’est mieux : les mots ont plus d’impact quand on ne s’attend pas à les lire. C’est exactement la même chose quand je lis Amélie Nothomb : je ne m’attends jamais à ce qu’elle va me raconter, je suis souvent surprise, et c’est aussi ce que j’aime dans la lecture. J’ai lu ce livre en une après-midi, et même, en deux heures peut-être ! Il se lit très vite, et c’est vraiment un choc, il nous bouscule complètement ! J’ai été dérangée par ma lecture, et ça faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé à ce point-là ! Le style d’écriture, ainsi que l’écriture elle-même, m’a beaucoup plu, on est peut-être un peu perdu au début, parce qu’on entre directement dans la vie du personnage principal, dont on ne connaît pas le nom ! Mais ça ne dure pas longtemps, on s’habitue, et on plonge dans l’aventure du héros, qui n’en est pas vraiment un …

L’ambiance du domaine est très particulière, malsaine. Et je ne m’attendais pas du tout à ça. Quand on y entre, on comprend déjà que ce ne sera pas une partie de plaisir pour le protagoniste. Mais lui ne semble pas s’en rendre compte tout de suite. Et ce qu’il vit là-bas m’a donné des frissons parfois. J’ai vraiment été horrifiée et dérangée par certaines choses qui lui arrivent. Mais comment peut-il laisser faire ça ?! Et les autres ?! J’avais parfois envie de les secouer tous ! Il en oublie la réalité, l’extérieur, le temps qui passe, et nous aussi nous l’oublions, dans la réalité et dans le livre ! Le domaine parvient à lui faire subir un véritable lavage de cerveau, il ne se souvient plus de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est plus. C’est vraiment terrifiant quand on se met à la place du protagoniste …

Dès le début, un flou s’installe sur les personnages, autant sur le protagoniste que sur ses parents. On ne sait absolument rien d’eux, qui ils sont, d’où ils viennent, ce qu’ils font, pourquoi ils le font. Ce sont de parfaits inconnus, que l’on apprend à « connaître ». Le protagoniste ne semble même pas savoir lui-même qui il est, ce qui nous laisse tout loisir pour imaginer les histoires les plus folles. Comment se retrouve-t-il là ? Tout le long de l’œuvre, il semble complètement perdu. J’ai parfois eu pitié de lui (et même souvent !) ce qui me l’a attaché d’une certaine manière. J’avais envie que quelqu’un lui vienne en aide. J’avais l’impression qu’il ne s’en sortirait jamais … A l’entrée du protagoniste au domaine, on découvre des personnages plus étranges les uns que les autres. Virge, Véronika, le Chef, Calixte, Parquerette … Tous autant d’inconnus que l’on tente de cerner, et dont on découvre seulement, pour certains, la cruauté (qui est de taille d’ailleurs !), pour d’autres, l’indifférence. C’est tout ce que l’on sait d’eux. Rien ne nous permet de nous attacher à eux, évidemment. Et même, j’ai tenté de m’en détacher le plus possible.

La fin est assez inattendue et assez brutale. Je ne m’y attendais pas-du-tout ! C’était vraiment très surprenant, et en même temps, je me suis demandée ce qui se passait ensuite ! Cela peut mal finir comme cela peut bien finir, je me suis posée la question et je reste partagée.

 

En définitive, un livre frappant, qui nous fait réfléchir et, finalement, on se dit que c’est nous qui avons de la chance ! J’espère que je vous ai donné envie de le lire !

Ces gestes qui vous trahissent de Joseph Messinger

Posté : 27 novembre, 2014 @ 11:00 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Ces gestes qui vous trahissent Genre : Développement personnel

Editeur : J’ai lu

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 451

Synopsis : Découvrez le sens caché des gestes. La manière dont vous téléphonez, croisez les jambes ou les bras, utilisez vos doigts en révèle plus sur vous que vous ne l’imaginez. Tous ces gestes, en apparence anodins et accomplis instinctivement, reflètent votre état émotionnel et trahissent vos pensées réelles. Ce guide pratique et illustré vous apprendra à interpréter les gestes de vos interlocuteurs. Il vous révèlera comment détecter le mensonge ou la trahison comment évaluer l’anxiété, la confiance ou la séduction. Décodeur gestuel complet, Ces gestes qui vous trahissent vous donnera une longueur d’avance sur les autres.

 

Avis : Je lis ce livre depuis un moment maintenant, et j’avoue avoir dû souvent m’arrêter à cause de livres à lire pour les cours. Cela ne m’a pas trop gêné, puisque ce n’est pas quelque chose qu’il faut suivre. Je suis tout de même contente de l’avoir enfin terminé !

J’ai été assez surprise en lisant ce livre. Je ne pensais pas que notre corps pouvait dire tant de choses ! En réalité, si quelqu’un savait tout cela, il semble qu’il pourrait lire en chacun de nous comme un livre ouvert ! Les gestes sont très bien expliqués, des dessins les accompagnent pour les illustrer quand c’est un peu confus (et cela rend le livre plus vivant). Les explications sont claires, et approfondies, par exemple, celui de la signification du port d’une bague à un certain doigt. Tous sont détaillés, et certaines combinaisons s’y trouvent aussi. De plus, le livre est très développé et très complet : chaque entrée prend à peu près une page, et certaines en prennent beaucoup plus. Tout est abordé, des cheveux aux pieds, de la séduction aux profils offensif ou défensif, de la façon de se tenir à la façon de croiser les jambes. Tout y est, rien n’a été oublié ! Grâce à cela, l’on apprend vraiment  beaucoup de choses que l’on ne soupçonnait même pas, sur soi et sur les autres !

Du fait de la complétude du livre, forcément, je me suis parfois retrouvée dans certains gestes ou refrains gestuels, ce qui m’a semblé assez troublant. Ce que j’y ai lu m’a semblé concorder avec ma personnalité et mon état d’esprit actuel, ce qui m’a (à-demi) acquise à la cause de l’auteur. J’ai aussi retrouvé certains amis, et moins amis, et cela m’a fait réfléchir sur ce que leur corps dit quand ils parlent ou qu’ils écoutent. J’ai vraiment eu une autre vision des choses pendant ma lecture, et je me suis surprise à analyser le comportement d’élèves qui passaient à l’oral pendant mes cours. Je les ai bien trouvés dans le livre !

J’avoue avoir parfois douté de ce qu’écrivait l’auteur. Je n’avais jamais entendu parler de langage du corps à proprement parler, et je ne pensais vraiment pas que l’on pouvait en apprendre autant sur une personne rien qu’en l’observant. Cela m’a un peu fait penser à Mentalist, dans la façon qu’a Patrick Jane de ne pas écouter ce que les gens disent mais d’observer leurs gestes, leur expression, la façon dont ils se tiennent. Je pense que cela me viendra à l’esprit automatiquement désormais. Je suis restée un peu sceptique pour certaines explications qui m’ont semblé un peu tirées par les cheveux. Peut-être qu’avec l’expérience, et en observant mieux ceux qui m’entourent, je vais me rendre compte que ce que l’auteur dit est vrai. Nous verrons bien ! Je pense que Joseph Messinger a étudié le sujet et qu’il n’écrit pas pour écrire, qu’il tient ce qu’il dit de faits, et qu’il a passé beaucoup de temps à répertorier tout ça !

 

En définitive, ce livre nous apprend beaucoup sur les autres, mais aussi sur nous-même. Il est très intéressant d’en savoir plus sur notre corps, qui nous cache bien des choses, et qui dit ce que nous n’oserons peut-être jamais dire !

L’Epée de vérité, tome 3 : Le Sang de la Déchirure de Terry Goodkind

Posté : 15 novembre, 2014 @ 11:59 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

L'épée de vérité tome 3Genre : Fantasy

Edition : Bragelonne

Année de sortie : 2004

Nombre de pages : 545

Synopsis : La barrière qui séparait l’Ancien et le Nouveau Monde a été brisée. Des forces anciennes viennent assiéger les Contrées du Milieu. Des forces si terrifiantes que, la dernière fois qu’elles ont frappé, il y a 3000 ans, on n’a pu les repousser qu’en murant l’Ancien Monde à l’aide d’une barrière magique infranchissable. A présent celle-ci n’est plus, et Richard Rahl et Kahlan Amnell sont les seuls à pouvoir faire face aux puissances maléfiques qui vont déferler. Richard est le Sourcier de Vérité, mais il est aussi un sorcier de guerre, le premier depuis des millénaires. Quant à Kahlan, sa bien-aimée, elle se cache loi de lui, traquée par des fanatiques qui ont entrepris d’assassiner tous les possesseurs de magie. Ils se font appeler le Sang de la Déchirure, ils torturent et tuent des innocents en prétendant lutter contre le Mal. Alors que règnent la manipulation et la guerre, Richard devra tout faire pour empêcher une apocalypse d’une sauvagerie inimaginable : accepter le pouvoir qu’il a hérité de son père et utiliser toutes ses ressources magiques pour vaincre l’ennemi, sauver Kahlan et refermer le portail.

 

Avis : J’ai mis beaucoup de temps à lire ce livre à cause de mes cours, mais je l’ai enfin terminé, et j’en suis très contente.

J’aime toujours autant me plonger dans le monde des Contrées du Milieu, et j’avais beaucoup aimé l‘Ancien Monde dans le deuxième tome. Le retrouver ici m’a beaucoup plu ! Le Palais des Prophètes est un lieu enchanteur pour moi, j’ai adoré m’y « promener » dans ma lecture, et notamment en suivant Verna, un des personnages que j’apprécie le plus. Quant à l’intrigue, elle se complexifie un peu ici : Richard et Kahlan sont toujours séparés, et, comme je l’ai dit dans le tome précédent, je préfère ça, parce que je les trouve assez agaçants ensemble : elle ressemble à une midinette et lui est un peu macho … Leurs aventures individuelles m’ont semblé plus intéressantes que celles qu’ils vivent ensemble. Ici, plusieurs intrigues se mêlent : celle de Richard et de Kahlan, bien sûr, mais aussi celle de Verna, de Zedd, et d’autres personnages, nouveaux, ou anciens que l’on retrouve … J’ai adoré me balader entre ces différents personnages et les différents lieux qu’ils arpentent, cela m’a vraiment dépaysé, et j’en avais besoin ! J’ai aimé imaginer le palais d’Aydindril, ainsi que l’île de Kolet (je ne savais même pas que le Palais des Prophètes s’y trouvait …). Même si j’ai tout aimé, j’ai préféré suivre Verna, parce que c’est un personnage que je ne connais pas beaucoup, j’ai donc appris des choses sur elle. Elle évolue dans ce tome, et, je ne sais pas pourquoi, je me suis plus identifiée à elle qu’avec les autres personnages.

J’ai déjà empiété sur le sujet des personnages, donc je continue ! Richard évolue, devient un chef de guerre ici, et même plus que ça. Mais – c’est peut-être la traduction -, la façon dont il parle ne me semble pas du tout authentique parfois. C’est exagéré, trop, et je l’ai senti. Pourtant, le personnage est intéressant, et je l’apprécie. Kahlan, elle, me semble plus authentique, plus vraie, par rapport à son compagnon. Mais, quand on regarde bien, elle n’apparaît pas tant que ça. Le tome est centré sur Richard et sur les autres personnages, comme Verna, ou les Sœurs de l’Obscurité. Celles-ci sont, évidemment, les méchantes de l’histoire, on ne peut pas dire qu’on les apprécie, mais, j’ai eu pitié de certaines sœurs, qui ressemblent plus à des femmes perdues qu’à des femmes qui ont pris une véritable décision. Leurs actions et tout ce qui leur arrive, évidemment, sont affreux à lire, et notamment les scènes avec Jagang et les marins. On ne peut qu’imaginer ce qui leur arrive. Gratch est encore présent ici, et il est toujours aussi émouvant, surtout dans sa façon de s’adresser à Richard. Zedd est un des personnages les plus drôles et originaux du livre. Enfin, J’ADORE les Mord-Sith !! Surtout Cara, qui est un peu plus effacée que Berdine. Raina est la plus effacée des trois. Berdine est la plus mise en avant, et j’ai beaucoup aimé la découvrir. Elles sont fraîches, et redeviennent des femmes grâce à Richard. Elles sont émouvantes parfois, et drôles également. Avec Verna, elles sont mes personnages préférés ! On découvre pas mal de choses également sur des personnages qui sont censés avoir disparu. Mais, la sœur de Kahlan, traumatisée par ce qui lui est arrivé dans le deuxième tome, est complètement effacée.

L’histoire générale du tome (la guerre entre l’Ordre Impérial et les Contrées du Milieu) est, bien sûr, très intéressante. On se rend vite compte que Tobias Brogan est manipulé, mais j’ai trouvé dommage que le personnage de Lunetta ne soit pas plus expliqué, plus développé, et plus mis en avant. Elle est effacée derrière son frère, qui ne comprend vraiment rien, et est complètement aveuglé par sa foi … Cela peut faire réfléchir d’ailleurs. La politique des Contrées du Milieu évolue ici et c’est très intéressant !! Je trouve que l’auteur a eu raison de développer aussi ce côté de l’histoire.

Certains éléments des précédents tomes sont expliqués, des choses qui ont pu nous paraître étrange, ou qui ne semblait pas coller avec la personnalité de celui qui avait prononcé l’idée. L’on découvre aussi de nouveaux personnages, comme ceux qui marchent dans les rêves. La fin laisse présager une suite vraiment intéressante, j’ai hâte de la lire !!

 

En définitive, un très bon tome, qui donne envie de lire la suite, et qui m’a d’autant plus attachée aux personnages. J’espère encore en découvrir plus par la suite !!

Journal d’Anne Frank

Posté : 6 novembre, 2014 @ 3:41 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Journal d'Anne Frank Genre : Témoignage

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 333

Synopsis : « Je vais pouvoir, j’espère, te confier toutes sortes de choses, comme je n’ai encore pu le faire à personne, et j’espère que tu me seras d’un grand soutien. » En 1942, la jeune Anne Frank a 13 ans. Elle vit heureuse à Amsterdam avec sa sœur Margot et ses parents, malgré la guerre. En juillet, ils s’installent clandestinement dans « l’Annexe » de l’immeuble du 263, Prinsenchracht. En 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Anne est déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, où elle meurt du typhus au début de 1945, peu après sa sœur. Son journal, qu’elle a tenu du 12 juin 1942 au 1er août 1944, est un des témoignages les plus bouleversants qui nous soient parvenus sur la vie quotidienne d’une famille juive sous le joug nazi. Depuis près de soixante-dix ans, la voix de cette jeune fille pleine d’espoir hante des millions de lecteurs dans le monde entier. 

 

Avis : Il paraît que tout littéraire qui se respecte doit lire le journal d’Anne Frank. Je trouvais que ce pouvait être une lecture difficile, et qu’il valait peut-être mieux la repousser à un moment où je serais capable de la faire.

J’ai été prise tout de suite dans la vie d’Anne Frank. Sa façon de parler à « Kitty », au lecteur, nous emporte complètement, et j’avais vraiment l’impression d’être avec elle. Il me semblait retrouver une amie à chaque fois que je reprenais ma lecture. Rien qu’avec cela, l’on est déjà attachée à Anne Frank. Le fait qu’elle nous parle de tous ses sentiments et de toutes ses émotions est vraiment prenant, mais aussi vraiment triste. Par exemple, lorsqu’elle évoque sa vie future, ses enfants, sa vie de femme, on ne peut pas s’empêcher de se souvenir que l’on connaît la fin. Malheureusement, ce n’est pas un roman, la guerre a vraiment eu lieu, et Anne Frank est vraiment morte. Et même si l’on aimerait croire le contraire en lisant son journal, on ne peut pas entièrement se leurrer. Pourtant, malgré la tristesse et l’envie de vomir qui peut nous prendre parfois quand on se rend compte que cette jeune fille ne vivra jamais ce dont elle rêve juste parce que les juifs ont été considérés comme inférieurs par des nazis dont l’idéal était la blondeur et le muscle, quand eux-mêmes n’en portaient pas trace, il y a également de la joie, de l’espoir et de l’humour dans ce livre. Anne tente de vivre une vie un tant soit peu normale : elle travaille, étudie, lit, parle avec Peter, se dispute avec ses parents. Elle essaie de garder espoir, et en parle à son journal. Elle garde de l’humour, même dans ce huis-clos pesant où elle vit avec des gens qu’elle ne connaît pas. Elle relate aussi ses coups de mou : elle semble parfois au bord du désespoir et ne se laisse pourtant jamais aller. Elle s’accroche à ce qu’elle peut, mais surtout à elle-même. Sa force, Anne semble la puiser dans son for intérieur, elle semble s’être construit une forteresse pour se protéger de toute agression extérieure. Les remarques sur sa famille m’ont surprise. Dans son journal, elle semble seule. En réalité, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’elle raconte de ses parents et de sa sœur, surtout les propos qu’elle tient sur sa mère. Mais, après tout, si elle le ressent de cette façon, elle ne peut pas le contrôler. Son journal est un peu son défouloir, son confident, celui à qui elle dit ce qu’elle tait à tous les autres. Ce qu’elle vit avec Peter par exemple, jamais elle n’en parlera à sa famille, ni même à lui-même. Elle garde tout pour elle et n’extériorise rien : si elle le fait, elle se rend compte que c’est maladroitement et préfère s’abstenir.

La maturité d’Anne m’a surprise : elle m’a semblé plus âgée que son âge, et surtout, plus capable de comprendre des choses que même certains adultes ignorent. Son écriture est rarement désordonnée, et même si elle passe parfois du coq à l’âne, elle ne nous perd pas. Ses réflexions sur l’enfant, sur les femmes, sur la guerre et l’antisémitisme ont trouvé écho en ce que je pense, mais tous ne l’ont pas compris. Même lorsqu’on lit ses passages, on est ému, parce qu’on se rend compte qu’Anne aurait sans doute pu devenir ce qu’elle désirait être. Elle avait la force, l’intelligence et les compétences pour y arriver, et c’est avec plaisir que j’aurais lu ses livres, j’en suis sûre. Lorsqu’elle évoque ses contes, ou les romans qu’elle souhaitait écrire, je me les imagine et j’ai vraiment envie de les lire (je pense lire les contes, qui ont été publiés).

Les conditions de vie qu’Anne décrit à l’Annexe ne sont pas les meilleures. Les autres personnes présentes, sa famille et les Van Daan, semblent rarement lui faciliter la tâche. Les voyant par les yeux d’Anne, nous ne pouvons pas vraiment les juger objectivement. Je ne peux qu’imaginer la réaction d’Otto Frank à la lecture du journal de sa fille … Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur sa mère, ni sur Margot, ce qui ne nous permet pas de nous attacher à elles. C’est autre chose pour son père. Anne l’aime tendrement, et l’on se fait une haute opinion de lui dès le début. Quant aux Van Daan, l’avis d’Anne diverge … et le nôtre aussi ! Peter est touchant par sa simplicité. Il semble gentil et un peu maladroit.

L’espoir que ce livre m’a apporté m’a également surprise. Je pensais ne ressentir que de la tristesse, et finir ma lecture complètement déprimée. Bien sûr, le journal finit abruptement, et on se rend compte à ce moment-là qu’on ne retrouvera pas la voix de la jeune fille qui nous guidait jusque-là, qu’elle est partie, et qu’elle ne reviendra jamais. Même en relisant le journal, on ne retrouvera pas le plaisir de la première lecture, de la découverte, de la surprise. Et pourtant, Anne m’a aussi ouvert les yeux. Même si elle vit à l’Annexe, le monde n’est pas si noir. Elle retrouve l’amour de la nature qui nous manque un peu à tous, l’amour de la liberté et de l’air frais sur le visage, des choses qu’elle ne retrouvera plus et qui lui manque. Alors oui, elle a été tuée pour des raisons stupides, pour rien, si on peut dire, mais elle nous a laissé quelque chose de magnifique, quelque chose qui peut nous aider à nous sentir mieux. Après avoir lu ce livre, on peut difficilement se plaindre de quoi que ce soit, et pourtant, on trouvera encore à le faire !

L’épilogue, où l’on découvre ce qui est arrivé à toutes les personnes présentes dans le livre, m’a aussi touché. J’avais imaginé tout un tas de fins pour elles, et même pour Anne, même si je savais qu’elles étaient purement fictives. Apprendre ce que l’on apprend m’a attristé, et m’a conforté dans mes opinions sur la guerre.

 

En définitive, un livre touchant, que je conseille à tous. Il nous permet de grandir en même temps qu’Anne, d’évoluer, et de réfléchir aux sujets qu’elle soulève. Oui, il est triste, mais il est aussi empli d’espoir, et nous fait vivre la guerre de l’intérieur, avec son lot d’angoisse et de joies simples.

 

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