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I found myself in Wonderland.

Archive pour octobre, 2013

Percy Jackson, tome 3 : Le Sort du Titan de Rick Riordan

Posté : 19 octobre, 2013 @ 12:48 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Percy Jackson, tome 3 : Le Sort du Titan de Rick Riordan  dans Avis littéraires couv25565927-201x300Genre : Jeunesse, Fantastique

Editeur : Albin Michel (Wiz)

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 356

Synopsis : Les monstres sont toujours décidés à tuer les demi-dieux. Percy et ses amis Annabeth, Grover et Thalia se retrouvent face à un horrible manticore. Ils n’ont la vie sauve que grâce à l’intervention de la déesse Artémis et de ses Chasseresses. Mais, lorsque Annabeth puis Artémis disparaissent, une nouvelle quête semée d’embûches s’annonce : Percy devra plus que jamais se méfier des manipulations et des pièges de Cronos, le Seigneur des Titans.

 

Avis : Ayant lu les deux premiers tomes et les ayant apprécié, il fallait que je continue cette saga, prêtée par ma cousine adorée ! Couverture intrigante et synopsis intéressant : il n’en fallait pas plus !

Toujours de très bonnes références aux mythes grecs : le livre nous en fait (re)découvrir certains que l’on aurait pu oublier (en tout cas, je les avais oublié !) comme le jardin des Hespérides, ou le Lion de Némée. Je ne connaissais pas l’existence du Dragon ni le nombre des sœurs, même si j’avais entendu parler de ce mythe. On devine l’identité du Général quand les héros arrivent à la Montagne du Désespoir. Les indices ne manquaient pas ! Mais surtout, dans ce tome, on découvre Artémis et Apollon, les jumeaux de Zeus et Léto. Je me suis rendue compte seulement en les découvrant qu’il manquait pas mal de Dieux dans les autres tomes : Héphaïstos, Aphrodite (même si l’on entend parler des deux avec Arès) et je ne me souviens pas avoir « vu » Athéna dans les autres tomes. Même s’ils étaient tous mentionnés, tous les dieux n’apparaissent que dans ce troisième tome. Par contre, l’apparence d’Artémis m’a surprise : je ne l’imaginais pas du tout comme ça. L’idée des Chasseresses est assez intéressante, tout comme celle du char du Soleil.

Le ton de l’histoire est toujours égal à lui-même : plein d’humour et d’entrain. Il reste toujours assez enfantin, ce qui lasse un peu … Certaines répliques des personnages montrent que ce sont encore des enfants. Mais l’intrigue rattrape ce petit défaut, et l’humour des personnages aussi. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire à certains moments ! Néanmoins, on se rend compte que l’écriture de l’auteur évolue : tout ne se finit pas aussi bien que dans les autres tomes, certains personnages font des choix difficiles et la mort fait sa grande entrée dans le monde de Percy Jackson. J’avoue que je me suis sentie mal dans la scène concernée, pleine d’émotion, de tristesse et de regrets.

De nouveaux personnages apparaissent dans ce tome : Nérée, le Vieillard de la Mer, Zoé Nightshade, les Chasseresses, mais aussi des mortels, des Titans et monstres divers. Les autres personnages sont égaux à eux-mêmes : Grover me fait toujours bien rire, Annabeth est encore plus attachante et Percy le fait l’effet d’un garçon qui devient un homme et prend de plus en plus de responsabilités, et qui fait des promesses qu’il ne peut pas toujours tenir … Les dieux ne changent pas, Chiron non plus, mais Thalia fait un choix décisif qui change tout le cours de l’histoire. Luke et son armée sont toujours aussi horribles, mais la vision de l’auteur n’est pas manichéenne : Luke n’est pas complètement « méchant », il reste une part de l’ancien Luke quelque part, et cela rend de l’espoir à Annabeth, ce qui gène Percy (haha !). Ils vont finir ensemble, évidemment !

La fin est toujours ce qu’il y a de mieux dans les Percy Jackson, elle donne toujours envie de tout de suite ouvrir le tome suivant pour la comprendre et découvrir les nouvelles aventures des héros, qui s’annoncent hautes en couleur !

 

En fin de compte, un petit tome bien sympa qui attise notre curiosité et qui fait évoluer l’histoire, bien que le ton soit toujours un peu enfantin !     

L’Orestie : Agamemnon, Les Choéphores, Les Euménides d’Eschyle

Posté : 18 octobre, 2013 @ 8:03 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

L'Orestie : Agamemnon, Les Choéphores, Les Euménides d'Eschyle dans Avis littéraires couv24516833-180x300Genre : Théâtre

Editeur : GF

Année de sortie : 2001

Nombre de pages : 409

Synopsis : Elle est l’unique trilogie dramatique que l’Antiquité nous ait léguée. Elle est l’œuvre de l’aîné des trois grands tragiques athéniens. Elle témoigne de la souveraine maîtrise d’un poète qui fut aussi un metteur en scène sûr de ses moyens et de ses effets, composant et montant son spectacle à soixante ans passés, fort d’une expérience théâtrale sans égale. Ombre, sang et lumière : la scène est à Argos, dans le palais des Atrides … Agamemnon _ Où la chute de Troie est annoncée après une attente de dix ans. Où l’on assiste au retour triomphal du roi Agamemnon dans sa cité d’Argos. Où la captive Cassandre, prophétesse que nul ne croit, annonce sa mort. Où Clytemnestre tue son époux et en expose les raisons. Les Choéphores _ Où Electre prie sur la tombe de son père pour que se lève un vengeur. Où Oreste, son frère, revient dans son pays sur ordre d’Apollon. Où Clytemnestre est égorgée par son fils. Où les Erinyes, déesses de la vengeance, se déchainent contre Oreste. Les Euménides _ Où Oreste, purifié à Delphes, doit subir une longue errance. Où Athéna fonde un tribunal pour juger son acte. Où les Erinyes et Apollon opposent leurs conceptions du droit. Où les vieilles déesses, déboutées, deviennent les bienveillantes Euménides.

 

Avis : Dans le genre synopsis énervant, je pense qu’on ne fait pas mieux. Je ne me suis pas arrêtée à ça, et je me suis dit que, comme j’aimais la mythologie, il fallait que je me laisse porter par le texte. La couverture montre une main tenant une flèche, sans doute celle d’Apollon, ce qui montre l’importance de ce Dieu dans la vie des Atrides, maudits par le sacrilège subis par Thyeste et ses enfants.

J’ai bien aimé Agamemnon, même si la pièce est courte, et que le roi n’a pas le temps de revenir qu’il est déjà mort. Les personnages sont difficiles à imaginer : au théâtre, on ne les connait qu’à travers leurs paroles donc on a du mal à se faire une idée de ce à quoi ils ressemblent. Grâce aux mythes, on les connait déjà et on sait déjà comment cela se terminera, mais c’est intéressant de découvrir comment Eschyle raconte le mythe. Agamemnon est présenté comme un roi triomphant, et j’ai l’impression que l’on oublie un peu qu’il a donné sa fille, Iphigénie, en sacrifice à Artémis, pour apaiser la déesse du sacrilège qu’il avait commis. On ne parle pas de son crime, on le vénère comme un dieu, et même s’il refuse cet honneur, et qu’il regrette le sacrifice, il est tout de même coupable et personne ne l’accuse à part sa femme, Clytemnestre. Et même s’il a commis ce sacrifice pour la déesse, il a tout de même fait tué sa fille. Je comprends donc la réaction de la mère qui perd son enfant. Le crime de Clytemnestre est d’avoir trompé son mari avec Egisthe ; mais j’ai trouvé normal qu’elle venge la mort de sa fille. J’aime beaucoup le personnage de Cassandre : elle représente la victime des dieux, puisqu’elle s’est refusée à Apollon et qu’il la punit en lui laissant son don de prophétesse, mais en la maudissant : personne ne croit ce qu’elle dit. Elle sait donc tout ce qui arrive sans pouvoir avertir les personnes concernées, et elle ne peut pas non plus se prémunir contre sa propre mort, liée à celle d’Agamemnon. Je me souviens de la première fois où j’ai entendu parler d’elle : j’ai lu Le miroir de Cassandre de Bernard Werber, que je conseille à tous !!

Les Choéphores est basée sur les enfants d’Agamemnon, Electre et Oreste, qui vont décider de venger leur père. Oreste est fidèle à son père, comme sa sœur, et il sait qu’il est de son devoir de venger son père, tué par sa mère. Il sait qu’il a sacrifié sa sœur, mais, encore une fois, personne ne semble s’en soucier. Quand Clytemnestre essaie de lui en parler, il l’a fait taire en lui disant qu’il ne veut rien entendre. Dans la civilisation grecque, l’homme avait tous les droits : bien sûr, on ne peut pas juger cette civilisation par rapport à la nôtre, et ici, chacun doit être puni pour son crime. Ainsi, Oreste finit par tuer sa mère, ce qui revient en un cercle vicieux : chacun tue quelqu’un, donc chacun doit être puni en conséquence. Electre n’apparait qu’au début de la pièce, et ne reparait plus après avoir donné son avis sur la question : son père doit être vengé, sa mère est indigne de vivre, tout comme son amant Egisthe. Oreste est ensuite maudit par sa mère, ce qui annonce Les Euménides.

Dans cette pièce, il est poursuivi par les Erinyes. Apollon, qui le protège depuis le début et lui a dit de tuer sa mère, apparait pour la première et lui annonce qu’il expiera son crime petit à petit, mais que les Erinyes finiront par le laisser : il doit aller jusqu’à Athènes, où Athéna le protègera. Il finit par y parvenir, et un tribunal est mis en place pour juger le cas d’Oreste : doit-il mourir parce qu’il a tué sa mère, ou acquitté parce qu’il a vengé son père ? Nous découvrons deux visions du droit qui se valent, mais, de nos jours, l’argument d’Apollon sur les femmes ne tient plus (encore une fois, il faut lire la pièce dans son contexte : la Grèce antique). Finalement, tout se finit bien.

 

En définitive, une trilogie intéressante pour ceux qui aiment les mythes grecs et veulent la découvrir, ainsi que la vision des Grecs sur certaines choses. 

La Fille aux yeux d’or de Honoré de Balzac

Posté : 16 octobre, 2013 @ 5:17 dans Avis littéraires | 6 commentaires »

Genre : ClassiqueLa Fille aux yeux d'or de Honoré de Balzac  dans Avis littéraires couv43653973-188x300

Editeur : Librio

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 75

Synopsis : « L’amour est essentiellement voleur. » Le comte Henri de Marsay est blasé. Il triomphe de toutes celles à qui il daigne adresser un regard. Mais de la facilité naît l’ennui. Il rêve d’obstacles à vaincre et de pièges à déjouer ! Alors, quand le jeune dandy croise la fille aux yeux d’or, créature mystérieuse et d’une exceptionnelle beauté, il n’a plus qu’une idée en tête : la posséder. Cependant, la belle est jalousement gardée à l’hôtel San-Réal. Qui la retient ? Pourquoi a-t-on rivalisé d’ingéniosité pour empêcher quiconque d’approcher ? Est-ce une histoire d’amour ? Qu’importe, Henri de Marsay, follement épris, tentera le tout pour le tout …

 

Avis : Je n’avais jamais lu d’œuvre de Balzac avant celle-ci. Je dois avouer que cela ne m’avait jamais attiré et que rien que certains titres de certains livres ne me disaient rien. Celui-ci était court (et imposé …), parfait pour commencer. Il fallait bien qu’un jour, je rencontre Balzac. C’est chose faite !

Les premières pages ne parlent pas tout de suite de l’histoire, mais des Parisiens et de leur ville. Ils y sont décrits, analysés, examinés, classés, et j’ai bien l’impression que l’auteur les méprise un peu. Paris semble être une ville décadente qui ne jure que par deux choses : l’or et le plaisir. L’association de ces deux mots revient très souvent, et l’on comprend que le texte aura un rapport que cela. Les personnages apparaissent au milieu de ce décor légèrement dépravé. Tout d’abord, ce sont les parents de Henri de Marsay, le « héros » du livre, qui sont présentés. Il n’a apparemment pas vécu avec eux : j’avoue ne pas avoir tout suivi. J’ai remarqué que le gros problème que l’on rencontre quand on lit Balzac, c’est l’accumulation de détails qu’il donne. Je ne sais pas si c’est  pour que le lecteur imagine bien la scène, la personne ou la situation, mais cela a eu tout l’effet inverse sur moi. Les descriptions étaient trop précises pour que j’arrive à prendre tout en compte, même si j’arrivais à me faire une idée de la pièce (par exemple, le boudoir de la fille aux yeux d’or).

Le personnage principal est donc un homme blasé par les femmes parce qu’elles lui tombent toutes dans les bras sans effort. Il rencontre alors la fille aux yeux d’or, surprotégée par sa famille, et j’ai l’impression que la seule raison pour laquelle il l’aime, c’est qu’il n’est pas sûr de réussir à la conquérir. Quand il y parvient, il change complètement d’attitude et semble se moquer éperdument de la femme qu’il a séduite. Il semble très volage : quand il est en sa présence, il paraît l’aimer et ressent tout ce qu’un amoureux doit ressentir ; mais quand il est loin d’elle, il ne ressent aucun manque, aucun amour, il n’éprouve rien pour elle, si ce n’est la satisfaction d’avoir pu la posséder en déjouant les « pièges » de sa famille. Balzac montre ici, peut-être sans le vouloir, la distinction entre la passion et l’amour : de Marsay est attiré par la fille aux yeux d’or parce qu’elle est inaccessible, il ressent un désir violent pour elle, mais une fois qu’il a eu ce qu’il voulait, il ne reste rien : pas un sentiment, pas une émotion, pas même de la compassion. Quant à la fille aux yeux d’or, on comprend qu’elle est en danger : sa famille n’est pas seulement surprotectrice, elle n’a pas le droit d’avoir de contact avec un homme. Et elle le sait très bien. De Marsay ne la prend pas au sérieux et se fiche complètement de ce qui pourrait lui arriver. Il est égoïste, pense que tout est centré autour de leur « amour », et s’imagine des tas de choses.

La fin est inévitable, et elle nous révèle les véritables sentiments de de Marsay. J’ai trouvé assez choquante la façon dont il réagit.

 

En définitive, je n’ai pas trop aimé ce livre. Je retenterai sans doute l’expérience avec d’autres livres de Balzac, mais je ne vais pas garder un super souvenir de celui-là.    

Les lois de l’attraction de Bret Easton Ellis

Posté : 13 octobre, 2013 @ 6:48 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Les lois de l'attraction de Bret Easton Ellis dans Avis littéraires couv14471792-180x300Genre : Contemporaine

Editeur : 10/18

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 344

Synopsis : Lauren, Sean et Paul, étudiants issus d’une jeunesse dorée en mal d’elle-même, vaquent d’une dérive à l’autre. Dopés par leur libido ou un rail de coke, chacun s’occupe à passer le temps. Au bout des désillusions les plus féroces, leur existence psychédélique se consume de rage et de désespoir. « La jeunesse occidentale s’ennuie, les happy few s’assomment au champagne, tout le monde débande, sauf le lecteur qui prend un pied monumental. » Elle.

 

Avis : Une amie m’a conseillé de lire ce livre en me disant bien que c’était spécial et assez choquant. Pourquoi pas ? La couverture m’a semblé très étrange (des yeux, non ?), et le titre ne m’a rien évoqué de particulier. Je me suis lancée dans cette lecture un peu perplexe, et sans réelles attentes.

On peut dire que ça commence bien ! Aucun personnage n’est présenté et la première personne qui parle restera inconnue jusqu’à la fin du livre. On sait qui parle grâce au prénom, sinon, aucune description, le récit commence in medias res, sans avertissement si ce n’est la date à laquelle se passe le récit (Automne, donc fin de l’année, juste après l’été). Je crois que ce livre couvre un trimestre d’une année d’étude aux Etats-Unis (je ne suis même pas sûre !). Il faut s’accrocher dès le début et ne pas se dire que de toute façon, on ne va rien comprendre. Ce sont souvent les mêmes personnages qui parlent : principalement Sean, Lauren et Paul.

Autant dire que les principaux sujets de conversation dans ce livre sont le sexe, la drogue, et l’alcool. L’amour n’a pas du tout sa place, et même quand il semble apparaitre, il repart au galop. Les personnages sont attirés par tout ce qui bouge, ils s’imaginent coucher avec tout le monde, boire comme des trous et fumer comme jamais. Et c’est ce qu’ils font la plupart du temps. Le seul personnage qui aime (une fille bizarrement !), qui est l’inconnue du livre, dont on ne sera jamais le nom, disparait à cause des autres personnages. On a beau essayer de deviner qui elle est, son nom n’est jamais mentionné, personne ne semble la connaitre, et tout le monde s’en fout. Les liaisons durent un soir, parfois plusieurs, se transforment parfois en couples qui ne durent pas. Il y a des soirées du Prêt à Baiser où tout le monde va, et où tout le monde repart avec quelqu’un. Les hétéros deviennent facilement gays, et l’inverse est vrai aussi. Il n’y a aucun ordre, aucun souci, tout le monde va avec tout le monde sans se soucier de quoi que ce soit. Rien ne gêne : ni les avortements, ni les suicides. On peut tromper son copain avec celui de sa meilleure amie sans problème, puisqu’elle fait la même chose. Aucun personnage ne ressent la moindre culpabilité. Ils sont parfois mal à l’aise, en mal de quelque chose (d’amour ?), mais ils finissent toujours par « replonger ». Et même quand on pense qu’ils sont casés, qu’ils vont changer de vie, qu’ils ont trouvé leur voie, ils repartent dans leurs délires et en ressortent rarement. Ils semblent tous englués dans un quotidien auquel ils ne peuvent pas échapper, enfermés dans un conformisme étudiant duquel ils semblent inconscients : il leur semble logiquement d’aller là où tout le monde va. Le langage est cru, tous les personnages emploient le mot « baiser » au moins une fois (euphémisme !) et, parfois, ils ne nous font pas grâce des détails ! Les scènes de sexe sont assez choquantes par ce langage et ces détails, sinon la pire scène n’est pas là ! Les cours ne sont jamais suivis, les personnages vivent plutôt la nuit. Lauren est « attachante » parce qu’elle a des sentiments, parce qu’il est possible que l’on ait déjà ressenti ce qu’elle ressent pour Victor. Sean semble d’abord être un abruti, et on a dû mal à le comprendre. Paul est différent des autres, et agit comme il l’entend et comme le vent le porte. Au fond, tous les personnages sont à plaindre parce qu’ils s’enfoncent seuls dans un bourbier dont ils ne ressortiront qu’avec difficulté. On ressent même de la pitié pour certains d’entre eux à certains moments du livre. Mais il est difficile de les cerner, de les comprendre et de s’attacher vraiment à eux.

C’est très intéressant d’avoir pris le point de vue de différents personnages pour voir ce qu’ils pensent les uns des autres et de la vie. Quand l’un pense que l’autre l’aime, l’autre explique à quel point il se fout complètement de l’un. Les comportements sont interprétés selon le point de vue de chacun et l’on se rend compte à quel point les gens sont différents, et à quel point leurs avis le sont surtout. Un garçon baisse les yeux : pour l’un, il est amoureux. Mais ce garçon veut juste fuir la personne avec laquelle il est parce qu’il ne l’aime pas. Certains ont des relations : l’un ne fait qu’en parler dans ces chapitres, l’autre n’en touche pas un mot. On dirait parfois que l’on ne parle pas des mêmes personnages. Chacun interprète les gestes de l’autre comme il l’entend, et il faut bien nous dire que nous faisons la même chose. Chaque fois que quelqu’un à qui l’on parle fait un geste, nous pensons qu’il a fait ça pour telle ou telle raison, et on peut complètement se tromper. Qui sait vraiment ce que les autres pensent hormis eux-mêmes ?

La fin est assez particulière. On ne peut pas dire que c’en soit une. Tout le monde part, puisque c’est la fin du trimestre. Apparemment, il est peu probable qu’ils se revoient. On est en Décembre. La dernière personne qui parle ne finit pas sa phrase, ce qui peut nous laisser penser tout un tas de choses. Accident ? Pas envie de continuer à parler ? Fantaisie de l’auteur ?

 

En définitive, un livre particulier. Est-ce que cela reflète bien comment ça se passe vraiment dans ces endroits-là ? Je ne sais pas. Je n’espère pas ! Mais c’est une expérience à tenter, et je ne suis pas déçue par ma lecture !     

Le serpent de la séduction de Kévin Iacobellis

Posté : 8 octobre, 2013 @ 6:14 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le serpent de la séduction de Kévin Iacobellis dans Avis littéraires couv34656142-216x300Genre : Thriller

Editeur : Bookelis

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 111

Synopsis : Dans un monde de terreur, je suis celui qui provoque la peur … Sexe, mensonge et trahison. Ce sont les trois mots qui me caractérisent le mieux. Mon nom est Jackson, je suis le serpent de la séduction. Je séduis les filles charmantes pour les séquestrer et les martyriser. C’est ainsi que je prends mon pied, en les regardant me supplier et agoniser. Je fais ce métier depuis plusieurs années, mais je commence à m’épuiser. C’est alors que je fais la rencontre de Christiane, une jolie fille qui drague les garçons pour aussi les torturer …

 

Avis : Le titre est déjà très évocateur et pour nous faire penser à tout un tas de choses. Mais le nom de « serpent » avec celui de « séduction » m’a fait penser au serpent du jardin d’Eden, qui corrompt Eve, qui entraine Adam avec elle. Le serpent représente le mal, donc on peut déjà s’attendre à ce que ce livre traite du mal, de la violence, ou de la chute.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre, parce que je ne suis absolument pas fan de ce genre de lectures. Mais, le fond est très bon, je suis sûre que ceux qui apprécient ce genre d’histoires seraient ravis. L’intrigue est recherchée, les actions s’enchainent, ceci explique cela. Il n’y a aucun bémol du point de vue de l’histoire, elle est cohérente avec ce qui est dit plus haut. Je suis bien entrée dans l’histoire malgré ma répulsion à l’égard de ce genre. Le vocabulaire choisi est cru, et je ne doute pas que ce soit voulu. Les premières lignes donnent le ton et peuvent être choquantes si l’on n’est pas habitué. Par contre, j’ai trouvé que tout allait trop vite et que tout était trop facile. Les actions s’enchainent très rapidement (peut-être trop), il semble parfois y avoir des ellipses de plusieurs jours. Quand Christiane apparait, et qu’elle rencontre Jackson, que leur relation évolue, je me suis dit : « Chouette, le tueur piégé par une tueuse ! », et puis l’auteur nous fait prendre un virage à 180° à la fin, quelque chose que l’on n’aurait pas imaginé ; c’est très surprenant et c’est un atout dans le livre, mais encore une fois, il n’y a pas d’annonce, pas de préambule, et j’ai trouvé que tout se passait très rapidement. Pas le temps de se faire à une idée que l’on est déjà passé à une autre. Vers la fin, on passe d’un point de vue à l’autre sans aucun avertissement, ce qui est un peu étrange.

Les personnages sont complexes : ils ont un passé, qui explique leur présent. On peut dire que ce livre est assez psychologique. J’ai bien aimé le fait qu’il n’y ait pas que le point de vue d’un personnage : il est intéressant d’entrer dans la tête de chacun d’eux, de voir ce qu’ils pensent et de « comprendre » pourquoi ils font ce qu’ils font. Ils ont à peu près les mêmes idées, elles évoluent différemment, ils n’ont pas vraiment les mêmes motifs, et il est intéressant de les opposer pour voir en quoi ils diffèrent et en quoi ils se ressemblent. Il est vrai que les deux personnages semblent le double l’un de l’autre chez le sexe opposé. Mais ils traitent verbalement les gens de la même façon tous les deux, ils finissent par dériver de leurs habitudes et par se rencontrer. Jackson est un garçon perturbé, qui tue pour le plaisir, et qui se vante de ne pas être poursuivi par la police. Il cache bien ses véritables sentiments, puisqu’il dupe aisément le lecteur. Quant à Christiane, elle est incontrôlable et violente : elle ne se rend pas compte de son premier meurtre lorsqu’elle le commet, mais continue parce qu’elle a aimé ce qu’elle a ressenti. Elle est très ouverte aux lecteurs. Les deux personnages pensent que les hommes et les femmes sont tous pareils. Je n’ai pas trop aimé cette idée, mais on peut mettre ça sur le compte de l’étroitesse d’esprit des deux personnages, qui  ne cherchent qu’à se venger des personnes qui les ont fait souffrir par le passé.

La fin m’a vraiment étonnée ! Je ne m’y attendais vraiment pas ! C’est un vrai retournement de situation qui rend le récit vivant et qui fait plaisir au lecteur, dupé par le personnage et par l’auteur qui a su jouer avec lui.

Je pense que si le livre était plus long, il gagnerait en profondeur et serait moins déroutant. Pas besoin de faire 500 pages de plus, mais il faudrait développer les scènes présentes dans le livre pour captiver le lecteur et le faire rentrer dans l’histoire comme s’il la vivait. (Je dois avouer que je n’ai pas réussi à la vivre ; pas à cause de la brièveté du livre, mais à cause de l’histoire : ce n’est définitivement pas mon genre !)

 

En définitive, un thriller intéressant, assez psychologique, qui gagnerait à être étoffé. Avis aux amateurs du genre !

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