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I found myself in Wonderland.

Archive pour le 8 octobre, 2013

Le serpent de la séduction de Kévin Iacobellis

Posté : 8 octobre, 2013 @ 6:14 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le serpent de la séduction de Kévin Iacobellis dans Avis littéraires couv34656142-216x300Genre : Thriller

Editeur : Bookelis

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 111

Synopsis : Dans un monde de terreur, je suis celui qui provoque la peur … Sexe, mensonge et trahison. Ce sont les trois mots qui me caractérisent le mieux. Mon nom est Jackson, je suis le serpent de la séduction. Je séduis les filles charmantes pour les séquestrer et les martyriser. C’est ainsi que je prends mon pied, en les regardant me supplier et agoniser. Je fais ce métier depuis plusieurs années, mais je commence à m’épuiser. C’est alors que je fais la rencontre de Christiane, une jolie fille qui drague les garçons pour aussi les torturer …

 

Avis : Le titre est déjà très évocateur et pour nous faire penser à tout un tas de choses. Mais le nom de « serpent » avec celui de « séduction » m’a fait penser au serpent du jardin d’Eden, qui corrompt Eve, qui entraine Adam avec elle. Le serpent représente le mal, donc on peut déjà s’attendre à ce que ce livre traite du mal, de la violence, ou de la chute.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre, parce que je ne suis absolument pas fan de ce genre de lectures. Mais, le fond est très bon, je suis sûre que ceux qui apprécient ce genre d’histoires seraient ravis. L’intrigue est recherchée, les actions s’enchainent, ceci explique cela. Il n’y a aucun bémol du point de vue de l’histoire, elle est cohérente avec ce qui est dit plus haut. Je suis bien entrée dans l’histoire malgré ma répulsion à l’égard de ce genre. Le vocabulaire choisi est cru, et je ne doute pas que ce soit voulu. Les premières lignes donnent le ton et peuvent être choquantes si l’on n’est pas habitué. Par contre, j’ai trouvé que tout allait trop vite et que tout était trop facile. Les actions s’enchainent très rapidement (peut-être trop), il semble parfois y avoir des ellipses de plusieurs jours. Quand Christiane apparait, et qu’elle rencontre Jackson, que leur relation évolue, je me suis dit : « Chouette, le tueur piégé par une tueuse ! », et puis l’auteur nous fait prendre un virage à 180° à la fin, quelque chose que l’on n’aurait pas imaginé ; c’est très surprenant et c’est un atout dans le livre, mais encore une fois, il n’y a pas d’annonce, pas de préambule, et j’ai trouvé que tout se passait très rapidement. Pas le temps de se faire à une idée que l’on est déjà passé à une autre. Vers la fin, on passe d’un point de vue à l’autre sans aucun avertissement, ce qui est un peu étrange.

Les personnages sont complexes : ils ont un passé, qui explique leur présent. On peut dire que ce livre est assez psychologique. J’ai bien aimé le fait qu’il n’y ait pas que le point de vue d’un personnage : il est intéressant d’entrer dans la tête de chacun d’eux, de voir ce qu’ils pensent et de « comprendre » pourquoi ils font ce qu’ils font. Ils ont à peu près les mêmes idées, elles évoluent différemment, ils n’ont pas vraiment les mêmes motifs, et il est intéressant de les opposer pour voir en quoi ils diffèrent et en quoi ils se ressemblent. Il est vrai que les deux personnages semblent le double l’un de l’autre chez le sexe opposé. Mais ils traitent verbalement les gens de la même façon tous les deux, ils finissent par dériver de leurs habitudes et par se rencontrer. Jackson est un garçon perturbé, qui tue pour le plaisir, et qui se vante de ne pas être poursuivi par la police. Il cache bien ses véritables sentiments, puisqu’il dupe aisément le lecteur. Quant à Christiane, elle est incontrôlable et violente : elle ne se rend pas compte de son premier meurtre lorsqu’elle le commet, mais continue parce qu’elle a aimé ce qu’elle a ressenti. Elle est très ouverte aux lecteurs. Les deux personnages pensent que les hommes et les femmes sont tous pareils. Je n’ai pas trop aimé cette idée, mais on peut mettre ça sur le compte de l’étroitesse d’esprit des deux personnages, qui  ne cherchent qu’à se venger des personnes qui les ont fait souffrir par le passé.

La fin m’a vraiment étonnée ! Je ne m’y attendais vraiment pas ! C’est un vrai retournement de situation qui rend le récit vivant et qui fait plaisir au lecteur, dupé par le personnage et par l’auteur qui a su jouer avec lui.

Je pense que si le livre était plus long, il gagnerait en profondeur et serait moins déroutant. Pas besoin de faire 500 pages de plus, mais il faudrait développer les scènes présentes dans le livre pour captiver le lecteur et le faire rentrer dans l’histoire comme s’il la vivait. (Je dois avouer que je n’ai pas réussi à la vivre ; pas à cause de la brièveté du livre, mais à cause de l’histoire : ce n’est définitivement pas mon genre !)

 

En définitive, un thriller intéressant, assez psychologique, qui gagnerait à être étoffé. Avis aux amateurs du genre !

Jacques le Fataliste de Diderot

Posté : 8 octobre, 2013 @ 5:42 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Jacques le Fataliste de Diderot dans Avis littéraires couv40297255-204x300Genre : Classique

Editeur : GF Flammarion

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 364

Synopsis : Le dialogue de Jacques et de son maître, qui voyagent en devisant, ressemble à une causerie à bâtons rompus, à une joyeuse rhapsodie sur la marche du monde : les deux hommes laissent libre cours à leurs pensées et s’entretiennent avec ceux qu’ils croisent. Mais qu’en est-il des amours de Jacques, dont il était question au début de leur conversation ? On s’impatiente de connaître leur récit, sans cesse interrompu, dilaté, retardé. De parenthèses en digressions, de ruptures en rebondissements, Diderot bâtit une œuvre romanesque à l’esthétique nouvelle, d’une prodigieuse modernité.

 

Avis : Quand j’ai vu Jacques le Fataliste, je me suis dit : « Non, pitié, pas ça ! ». J’avais déjà lu un passage et je n’avais pas aimé du tout ! En plus, la couverture n’est pas spécialement attirante. Mais on se rend vite compte de la symbolique de l’horloge : Jacques finira-t-il enfin le récit de ses amours ou nous laissera-t-il vraiment dans l’ignorance de la fin de son histoire ?

Dans cette œuvre, l’auteur joue énormément avec son lecteur. Il s’adresse à lui dès le début de manière assez peu sympathique, et il lui reproche tout le long du livre de toujours en vouloir plus, de ne pas se contenter de ce qu’il sait et de toujours poser des questions auxquelles l’auteur n’a pas de réponses. En effet, ce sont les personnages qui font l’histoire : l’auteur se dit simplement le narrateur des aventures de Jacques telles qu’elles lui sont arrivées. Il critique à de nombreuses reprises le roman, et déclare plusieurs fois que ce livre n’en est pas un, mais est belle et bien réel, que Jacques et son maître ont existé mais qu’ils ne les a pas connu en personne. Il semble à plusieurs reprises qu’il ne lit qu’un livre qu’il aurait trouvé, puisqu’il parle d’un éditeur. Cette façon d’écrire est assez déroutante pour le lecteur, qui peut avoir déjà rencontrer des auteurs qui lui parle pendant l’histoire parce qu’ils sont le narrateur de leur œuvre, mais jamais un auteur qui semble dénigrer son livre, qui l’ »insulte » et lui dit ne pas savoir la suite de ce qu’il écrit étant donné qu’il n’était pas là quand cela s’est passé.

Je dois avouer que j’ai été assez frustrée par les nombreuses ruptures du texte. Dès que Jacques commence à raconter ses amours, quelqu’un l’interrompt : son maître, l’hôtesse d’une auberge, un cortège funèbre, sa soif … On a la très nette impression qu’il ne finira jamais son histoire, que l’on ne connaitra jamais la fin. J’ai été un peu perdue parmi les nombreuses histoires racontées, mais j’ai fini par m’adapter, que ce soit aux interruptions et histoires de l’auteur ou celles des autres personnages. J’ai apprécié certaines histoires plus que d’autres ; ma préférée est sans doute celle de Mme de la Pommeraye.

Les personnages sont assez complexes : ils ont un passé, un réseau d’amis, d’ennemis et de connaissances, une série d’histoires à raconter, et une vie bien à eux. Jacques est, comme l’indique le titre, fataliste, et il ne cesse de le répéter tout le long de l’œuvre. Doit-on être de son avis ? Je ne suis pas censée me fixer là-dessus, mais je dois avouer qu’il est assez agaçant. Sa phrase fétiche est un peu le refrain du livre. Quant au maître, il semble d’abord effacé face à son valet, et, quand il semble reprendre le dessus, il n’en descend que plus bas. Il semble être tout sauf un maître pour Jacques.

J’ai apprécié la fin, même si j’avoue avoir eu peur à peu près à la troisième page avant celle-ci ! Mais, tout est bien qui finit bien, et, comme dirait Jacques, « c’était écrit là-haut ! ».

 

En définitive, un classique surprenant que j’ai finalement apprécié contrairement à l’idée que je m’en faisais. Un bon jeu entre auteur et lecteur et une très efficace mise en attente du lecteur, qui ne peut s’empêcher de vouloir connaitre la fin au plus vite !       

 

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