Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour juin, 2013

Alcools de Guillaume Apollinaire

Posté : 12 juin, 2013 @ 12:50 dans Avis littéraires | 1 commentaire »

Alcools de Guillaume Apollinaire dans Avis littéraires couv2059473-191x300Genre : Poésie, Classique

Editeur : Gallimard

Année de sortie : 1992

Nombre de pages : 190

Synopsis :« Sous le pont Mirabeau coule la Seine »… Parmi les vers que les amoureux de poésie murmurent de temps à autre, bon nombre, sans aucun doute, proviennent des pages vivifiantes d’Alcools. Ce recueil révèle la fascination d’Apollinaire pour l’esprit nouveau des premières années du XXe siècle. Il nous fait don de mots en liberté qui chantent la mélancolie des souvenirs d’amours défuntes, la magie des légendes rhénanes, la beauté mouvementée de la vie urbaine moderne. Un véritable kaléidoscope.

 

Avis : Ce recueil de poèmes ne m’inspirait pas vraiment à la base. La couverture est neutre, simple : peut-être est-ce ce qui la rend attirante.

Certains poèmes d’Alcools m’ont touché, j’ai particulièrement aimé « L’Adieu », court, concis, mais efficace, ainsi que « La Loreley » et « Le Brasier ». J’ai trouvé certains poèmes vraiment beaux, plein de douceur ou touchant dans leur tristesse. Apollinaire semble parfois nous livrer ses sentiments, nous parler de sa vie, de ses amours déçues ou perdues. Par contre, je dois avouer que je suis passée à côté d’autres poèmes. Je n’ai pas compris certains d’entre eux, je ne les ai pas appréciés autant que les autres. Son recueil est très hétérogène : il nous parle de la ville, de femmes ou de filles, puis de Nature. Les formes des poèmes varient : certains sont faits de rimes, d’autres sont complètement décousus. Apollinaire fait de nombreux rejets : il ne finit sa phrase que dans le vers suivant. C’est assez perturbant, même si cela lui permet de faire rimer ses vers. Par contre, j’ai aimé les derniers poèmes d’Alcools, ceux qui n’ont pas de titre : l’auteur met ses sentiments à nu, il semble que ces poèmes aient été écrits sur le vif, d’un coup, sans qu’il y ait réfléchi énormément. Il semble qu’il ait été inspiré.

Concernant Le Bestiaire, les illustrations sont très particulières mais correspondent bien à l’esprit du recueil. Par contre, je n’ai pas compris pourquoi Apollinaire était centré sur Orphée, et ce que les animaux avaient à voir avec lui. Dans ce recueil, l’auteur parle de différentes choses, époques, qui semblent n’avoir rien à voir ensemble. Le cheval fait notamment référence à Pégase, le dromadaire a à voir avec une histoire portugaise mais les autres … Il faut avoir une très grande culture générale pour comprendre ces poèmes, culture que je ne semble pas posséder … Mais cela n’enlève rien à la beauté des vers.

Finalement, pour le Vitam impendere amori, j’ai apprécié les poèmes. Ils sont comme ceux qui n’ont pas de titre à la fin d’Alcools : l’auteur semble inspiré. Ces vers nous font ressentir le regret, la tristesse et la nostalgie de l’auteur.

 

En fin de compte, un recueil très divers, composé de tout type de poèmes, qui requiert une grande culture générale. Certains poèmes valent vraiment le détour !   

Lorenzaccio de Alfred de Musset

Posté : 10 juin, 2013 @ 9:26 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Lorenzaccio de Alfred de Musset dans Avis littéraires couv22166241-177x300Genre : Théâtre, Classique

Editeur : GF

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 277

Synopsis : Dans la Florence des Médicis, le jeune Lorenzo projette en secret l’assassinat de son cousin, le tyran Alexandre. Tentative désespérée de changer le cours de l’Histoire en faisant triompher la cause républicaine ? Ou œuvre d’un individu d’exception, désireux de laisser son nom à la postérité ? Sous le masque de ce personnage « glissant comme une anguille », double de Brutus l’Ancien comme de Hamlet, se laisse entrevoir, de loin en loin, le moi déchiré de l’auteur, enfant du siècle. Entre cynisme et idéalisme, débauche et héroïsme, la figure énigmatique de celui que l’on surnomme Lorenzaccio a inspiré à Musset ce chef d’œuvre du drame romantique.

 

Avis : La couverture est très symbolique : le rouge, symbole du sang, mais aussi de la révolution ; le bras tenant l’épée, reculé pour frapper ; le décor rappelant une ville Romaine (Rome ou Florence ?). On ne peut s’empêcher de penser que ce bras est celui de Lorenzo, tuant le duc tyrannique de Florence.

J’ai particulièrement aimé le personnage de Lorenzo. Je le trouve courageux, avec ses rêves de liberté, de gloire et de république. Avoir abandonné sa vie, sa jeunesse, ses occasions pour devenir un débauché et atteindre un but qui, finalement, ne lui apportera rien, c’est faire bien plus que tout ce qu’auraient fait les républicains, velléitaires et hypocrites. Lorenzo est un personnage très ambigu, notamment par le fait qu’il appelle le jour de son meurtre, le jour de ses noces et qu’il semble douter du bien-fondé de son geste. Doit-il tuer le duc, qui ne lui a pas fait de mal personnellement ? Doit-il abandonner l’idée de son meurtre et supporter la tyrannie auprès de sa mère et de sa tante, Catherine ? Il hésite ainsi tout le long du livre, tout en sachant pertinemment qu’il finira par assassiner le duc. Celui-ci, d’ailleurs, est un personnage assez agaçant : lui aussi ne cesse d’hésiter entre défendre Lorenzo, qu’il semble aimer plus que comme un cousin (étant donné qu’il l’appelle mignon) et affirmer son pouvoir face au cardinal Cibo, à Sire Maurice et à Valori. Il est libertin, débauché et tyrannique, mais il ne semble pas se rendre compte des conséquences de ses actes. Le véritable détenteur du pouvoir est le cardinal Cibo, qui manipule autant le duc que la marquise Cibo, une femme forte prête à sacrifier son mariage pour la République. Les Strozzi jouent un certain rôle dans l’intrigue : Philippe nous révèle qui est vraiment Lorenzo, Pierre complote contre le pouvoir sans savoir que ce qu’il entreprend de faire sera fait par quelqu’un, et la pauvre Louise est la victime suprême de la débauche florentine.  

Musset dénonce ici, à travers l’histoire de Lorenzo de Médicis, la société de son époque, qui confisqua la révolution aux républicains. Il y a beaucoup d’allusions aux années 1830 disséminées dans le récit. Certains personnages correspondent à des gens de son époque. On retrouve également des allusions à la république : le bonnet phrygien, les pavés, les barricades ; et même des critiques d’intellectuels de l’époque comme Victor Hugo, accusé de défendre tour à tour la monarchie et la République.

 

En définitive, une pièce complète, facile à comprendre, et qui nous montre deux histoires à la fois : celle de Lorenzo de Médicis, en Italie, et celle de la Révolution avortée de Juillet 1830 en France.   

Œdipe Roi de Sophocle

Posté : 9 juin, 2013 @ 3:43 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Œdipe Roi de Sophocle dans Avis littéraires couv34839206-185x300Genre : Théâtre, Classique

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 98

Synopsis : Un mal mystérieux s’est abattu sur la ville de Thèbes. Ses terres et ses troupeaux sont frappés de stérilité. La population est décimée. Les femmes ne portent plus d’enfants. Le roi Œdipe, qui jadis par sa clairvoyance, a sauvé la Cité et l’a rendue prospère, saura-t-il encore la tirer de l’abîme où les dieux l’ont aujourd’hui plongée ? Lui qui parvint à déchiffrer l’énigme du Sphinx pourra-t-il élucider l’oracle qui désigne l’auteur de tous ces maux et promet la voie du salut ? Nul autre moyen que de s’engager dans une véritable enquête policière. Mais, à mesure que le passé se dévoile, la Fatalité divine se met en marche comme une machine infernale. Œdipe Roi, représenté pour la première fois vers 430 avant J.-C., est, avec Antigone, la plus célèbre et la plus admirée des tragédies antiques. Par la perfection de sa construction dramatique, par ses qualités sculpturales d’équilibre et d’harmonie, cette méditation pathétique sur la vaine grandeur de l’héroïsme et sur la fragilité du bonheur humain est l’un des témoignages les plus accomplis de la poésie hellénique à son apogée.

 

Avis : J’ai toujours trouvé la légende d’Œdipe fascinante, particulière. La première fois que l’on m’en a parlée, je me suis demandée comment c’était possible, comment un enfant pouvait tuer son père et enfanter sa mère ! J’avais ensuite entendu la légende en entier, j’ai donc finalement décidé de la lire. 

Œdipe est un personnage fier de son ascension sociale et sûr de son pouvoir et de son bonheur. Il est certain qu’il ne peut rien lui arriver de mauvais, qu’il n’a rien à se reprocher, qu’il est de son devoir de bannir celui qui a tué Laios, l’ancien roi de Thèbes. Ce personnage fait vraiment pitié, il est triste à voir : il est tellement sûr de lui qu’il ne voit ni n’entend ce que le devin et le pâtre lui révèlent : il est l’assassin de Laios. Petit à petit, on se rend compte qu’il est l’enfant de l’oracle lancée contre les Labdacides, contre Laios et sa femme Jocaste : le père sera tué par son fils, et la mère, fécondée par son fils. Cette tragédie montre qu’il ne faut pas chercher à lutter contre la fatalité, qu’elle nous rattrape, quoi que l’on fasse pour lui échapper. Si ses parents n’avaient pas cherché à se débarrasser d’Œdipe, il n’aurait jamais tué son père, et jamais épousé sa mère. C’est tellement pathétique que cette histoire fait pitié. Les seuls personnages lucides sont secondaires : Tirésias, l’oracle aveugle, et Créon, insulté par son beau-frère.

A la fin de la pièce, l’on comprend que Jocaste sait que son fils est son mari, puisqu’elle supplie Œdipe de ne pas chercher la vérité et qu’elle se suicide juste après qu’il ait refusé. Contrairement à elle, nous comprenons très vite, même sans connaitre la légende, qu’Œdipe est le fils de Jocaste et Laios, puisqu’ils racontent la même histoire : elle a abandonné son enfant dans le désert pour qu’il meure car il était destiné à déshonorer sa mère et tuer son père ; un oracle a dit à Œdipe qu’il ferait de même.

Deux choses sont un peu dérangeantes dans cette pièce : la scène durant laquelle Œdipe se crève les yeux est assez horrible. J’imaginais très bien l’image … Et aussi la façon dont l’auteur parle des femmes, et du fait qu’elles soient enfantées. Il les compare à un sillon qui est labouré. Cela montre la mentalité des gens de l’Antiquité, mentalité qui n’est plus possible de nos jours.

 

En fin de compte, une pièce phare qui retrace la légende et le malheur d’Œdipe ! 

Antigone de Sophocle

Posté : 9 juin, 2013 @ 3:16 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Antigone de Sophocle dans Avis littéraires couv30161620-185x300Genre : Théâtre, Classique

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 160

Synopsis : Antigone est la tragédie grecque la plus célèbre, la plus achevée, celle qui représente de la façon la plus saisissante le tragique de la condition humaine. Du siècle de Périclès à celui de Néron, de Robert Garnier (1580) à Jean Anouilh (1944) et à Bertolt Brecht (1948), Antigone est restée vivante, actuelle, à travers les reprises et les adaptations.

 

Avis :  J’ai déjà lu l’Antigone de Jean Anouilh et j’avais adoré ! J’avais d’autant plus apprécié cette pièce que je l’avais jouée. Je trouvais le personnage d’Antigone touchant. Ici, j’ai ressenti la même chose. J’ai apprécié la version originale même si j’ai préféré celle que j’ai lue en premier. Elle est un peu plus dure à lire et elle est très courte (elle ne fait vraiment que 53 pages) ! 

Je trouve que l’ajout de la scène entre Antigone et Hémon, dans la version de Jean Anouilh, est intéressant. On comprend l’amour qu’ils se vouent, mais aussi l’amour qu’Antigone ressent pour son frère Polynice. Dans la version originale, nous savons qu’ils s’aiment, mais ils ne se retrouvent jamais une fois dans la même scène. Hémon n’est présent que dans une seule scène, où il montre à son père que le peuple est contre la mise à mort d’Antigone en lui faisant croire qu’il ne se soucie pas d’elle mais du peuple. Créon, son père, joue ici le « méchant » de l’histoire : il est roi, il ne peut rien faire d’autre que de faire respecter son autorité et ses lois. Antigone les ayant bafouées, il doit la punir. Ce personnage fait un peu pitié dans la pièce : il ne se rend pas compte qu’il prépare son propre malheur. Tout arrive à cause de son orgueil : lui, le roi, doit être respecté, même par la fille de l’ancien roi, Œdipe ; elle n’a rien à lui dire, il a obtenu le trône parce que son père s’est exilé et il a reçu l’ordre de veiller sur elle. Les autres personnages, comme Ismène, sont des dommages collatéraux : ils n’ont rien voulu faire, mais ils sont embarqués dans les problèmes d’Antigone et Créon, eux-mêmes entrainés dans le malheur par la double mort d’Etéocle et de Polynice, qui se sont entretués, le dernier n’ayant pas eu droit à un tombeau, étant donc livré aux oiseaux et aux chiens car il combattait contre Thèbes, sa ville natale.

La religion a une grande place dans cette pièce. Antigone agit pour son frère mais aussi pour Hadès, le dieu des Morts, et sa femme Perséphone. Créon et Hémon, quant à eux, parlent de Zeus et d’Apollon, ce dernier étant supposé être le dieu qui a maudit la lignée des Labdacides.

 

En définitive, une pièce courte qui présente l’essentiel de la tragédie d’Antigone, fille et sœur d’Œdipe, frappée par la fatalité et qui tente de donner à son frère bien-aimé une sépulture décente.

L’appel de l’ange de Guillaume Musso

Posté : 7 juin, 2013 @ 12:41 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

L'appel de l'ange de Guillaume Musso dans Avis littéraires couv65158762-182x300Genre : Romance, Thriller

Editeur : Pocket

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 462

Synopsis : Dans leur téléphone, il y avait toute leur vie … New-York. Aéroport Kennedy. Dans la salle d’embarquement bondée, un homme et une femme se télescopent. Madeline et Jonathan ne s’étaient jamais rencontrés, ils n’auraient jamais dû se revoir. Mais en ramassant leurs affaires, ils ont échangé leurs téléphones portables. Lorsqu’ils s’aperçoivent de leur méprise, ils sont séparés par 10 000 kilomètres : elle est fleuriste à Paris, il tient un restaurant à San Francisco. Cédant à la curiosité, chacun explore le contenu du téléphone de l’autre. Une double indiscrétion et une révélation : leurs vies sont liées par un secret qu’ils pensaient enterré à jamais …

 

Avis : Le synopsis me donnait envie de lire ce livre : ce me semblait être une idée originale, et une histoire pleine de suspense. En plus, la couverture est jolie et m’intriguait encore plus !

J’aime toujours autant le style de Musso, très visuel. Les mails ou les appels sont écrits différemment, tout comme les articles de journaux. Le roman n’est pas uniforme, l’auteur joue sur sa forme, et cela le rend plus attractif : on s’amuse aussi en le lisant. Cela rend l’histoire plus réelle. J’aime aussi beaucoup les citations que l’écrivain parsème à chaque début de chapitre. J’en ai gardé certaines, les belles, les vraies, et celles qui ont une signification particulière.   

Musso a l’étrange « pouvoir » de rendre, dans tous ses livres, ses personnages vraiment attachants. On les apprécie dès qu’on les rencontre, ils nous touchent. Madeline se cache derrière sa nouvelle identité ; Jonathan ignore pourquoi sa femme la quittait. Le long du livre, on comprend qu’ils étaient faits pour se rencontrer, qu’ils étaient faits pour être ensemble. Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’il était logique que cela se passe comme ça entre eux, que c’était prévisible, mais cela n’enlève rien au roman.

Dès que le personnage d’Alice est apparu, je l’ai apprécié. Qui n’apprécierait pas une fille comme elle ? Son histoire, son passé sont horribles, et elle reste là, immuable face à la vie, souriante malgré sa tristesse. Elle m’a particulièrement touchée, et, dans la deuxième partie, lorsque Jonathan découvre toute l’histoire, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir un pincement au cœur. On ne peut pas s’empêcher de se dire que c’est injuste, et d’espérer que ce soit faux, en fin de compte, que ce ne lui soit pas arrivé.

La première partie est plus lente que les deux autres : l’auteur présente l’action, les personnages. On entre directement dans l’histoire avec la scène de l’aéroport, mais le côté thriller du roman n’apparait vraiment qu’à la deuxième partie. Dans celle-ci, on découvre ce qui les relie, ce qui les réunira. La dernière partie est vraiment celle du thriller : on a envie de connaitre la fin, on veut savoir ce qu’il va se passer, ce qu’il va arriver aux personnages. La fin est géniale, les pièces du puzzle s’emboitent parfaitement, tous les détails sont importants, on comprend à peu près tout. L’auteur a vraiment fait fort ! Par contre, la dernière scène m’a un peu déçue … J’aurais aimé en apprendre plus sur la suite de l’histoire pour les personnages.

 

En fin de compte, un bon Musso, plein de suspense et de mystère mais un peu frustrant sur la fin !       

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