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I found myself in Wonderland.

La Mécanique du Coeur de Mathias Malzieu

Classé dans : Avis littéraires — 29 novembre 2012 @ 19 h 41 min

Genre : ConteLa Mécanique du Coeur de Mathias Malzieu  dans Avis littéraires couv64925742-185x300

Editeur : J’ai lu

Année de sortie : 2009

Nombre de pages : 155

Synopsis : Edimbourg, 1874 : le jour le plus froid du monde. Lorsque Jack naît, son cœur gelé se brise immédiatement. La sage-femme le remplace par une horloge et le sauve. Depuis lors, il doit prendre soin d’en remontre chaque matin le mécanisme. Mais gare aux passions ! Le regard de braise d’une petite chanteuse andalouse va le mettre de le cœur de Jack à rude épreuve … 

 

Avis : La couverture est déjà très attirante : sombre et belle, avec cette image du jeune homme amoureux contemplant la femme qui fait battre son cœur. On pressent déjà une belle histoire, de celle qui sont à la fois merveilleuses et tristes. 

La poésie est au rendez-vous dès les premières pages. La magie des mots rend l’histoire enchanteresse. Quelques fois, la façon d’écrire de l’auteur sous-entend les choses sans les dire, un effet de style qui rend chaque phrase plus belle qu’elle ne le serait dite autrement, et les actes plus émouvants. Le romantisme ne tombe pas dans le niais, il est sincère, ce qui rend l’œuvre d’autant plus touchante. 

Le personnage de Little Jack me semble assez réaliste : nous avons souvent du mal à bien dire ce que nous ressentons, surtout quand c’est très fort, comme l’amour que le héros éprouve pour Miss Acacia. Nos actes et nos paroles dépassent parfois notre pensée et nous regrettons, comme lui, ce que nous avons fait, ou, au contraire, ce que nous n’avons pas fait. Ses émotions sont les nôtres et cela le rend vivant.

J’aime beaucoup la façon dont l’amour est représenté ici : cette mécanique, si elle s’emballe, devient dangereuse. Et chacun sait que l’amour peut briser les cœurs aussi facilement que le bois d’une horloge. Cette fragilité évoquée est bien réelle : ce n’est pas l’horloge qui est fragile, c’est bien le cœur qui bat derrière. Cette métaphore est très habile : elle reflète bien ce que certains peuvent ressentir lorsqu’ils sont amoureux, ou quand ils ont un chagrin d’amour. Et le fait que ce sentiment soit commun à tout le monde implique bien le lecteur : il se sent touché par ce qui arrive à Jack parce que cela pourrait lui arriver à lui aussi. Cette horloge-cœur est en réalité le cœur de chacun d’entre nous. Nous connaissons cette euphorie de la rencontre amoureuse, ce désir de toujours être ensemble, de ne jamais se quitter, cette tristesse quand les autres nous rejettent, cette déchirure quand la fin est arrivée … Notre cœur est souvent pris entre les deux loopings d’une montagne russe, comme celui de Little Jack. Les émotions s’y succèdent et l’abîment lentement, tel le bois et les engrenages de l’horloge.

Quelques « leçons de vie » sont glissées çà et là tout le long de l’œuvre et l’une d’elle est sans doute que l’amour est un jeu où l’on prend le risque de se brûler les ailes et de brutalement retomber sur la terre ferme, loin des rêves, brisés par la réalité, mais que, en dépit de cela, il vaut la peine d’être connu et vécu au moins une fois.

 

C’est donc un beau petit conte poétique que je recommande à tous ! 

 

 

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