Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Bleak House de Charles Dickens

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 6 décembre, 2016 @ 9:38

Bleak House Genre : Classique

Editeur : Vintage

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 880

Synopsis : ‘Dickens’s chilling tale of murder and betrayal’ Sunday Times.

‘The one great principle of the English law is to make business for itself.’

Jarndyce and Jarndyce is an infamous lawsuit that has been in process for générations. Nobody can remember exactly how the cas started but many different individuals have found their fortunes caught up in it. Esther Summerson watches as her friends and neighbours are consumed by their hopes and disappointments with the proceedings. But while the intricate puzzles of the lawsuit are being debated by lawyers, other more dramatic mysteries are unfolding that involve heartbreak, lost children, blackmail and murder.

 

Avis : Je n’avais jamais lu Dickens avant de lire Bleak House, et, honnêtement, j’avais un a priori sur ce livre, comme sur l’auteur. J’avais peur de me retrouver face à un livre pénible et à une écriture trop solennelle.

Comme je me trompais ! Bien sûr, c’est une lecture très longue, mais tellement excellente que la longueur ne compte pas ! Elle ne m’a pas du tout dérangé ; en fait, j’ai ressenti quelque chose d’assez paradoxal en lisant : je voulais finir le livre pour pouvoir lire d’autres choses, et, en même temps, je ne voulais pas que l’histoire s’arrête tant je me sentais bien en la lisant. J’avais l’impression d’être chez moi, que l’œuvre était faite pour moi, et c’est un sentiment si merveilleux que je ne voulais pas que la lecture se termine. Plus objectivement, c’est vrai que Bleak House peut faire peur : 880 pages sur un procès avec un nombre de personnages impressionnant, il y a de quoi se perdre ! C’est une histoire qu’on ne comprend pas tout de suite, où l’on nous présente successivement beaucoup de personnages qui ne semblent pas avoir de liens entre eux ; mais – j’ai presque envie de dire bien sûr ! – les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement à la fin ! Aussi, ce n’est pas un roman fait d’action pure et d’adrénaline : ici, nous sommes plus face à une critique du système de la justice, de sa lenteur, de son indifférence, de sa capacité à faire traîner des affaires pendant très longtemps, tout en laissant l’espoir infime aux concernés qu’elles seront bientôt résolues. Cette critique est acerbe, ironique, faite avec humour, mais, derrière le rire, on peut sentir l’indignation pour un mécanisme qui joue avec les gens, les appauvrit et les fait ressortir de la Cour exsangues. Est aussi traité le thème de l’amour à travers différents couples que je ne nommerai pas – je ne voudrais pas vous gâcher les surprises potentielles. Il est parfois fait de passion, parfois fait de dévotion, et parfois juste un prétexte. Concernant l’écriture : elle est formidable, et je regrette vraiment de ne pas avoir osé lire Dickens avant ! Je ne m’attendais pas à cet humour, à cette ironie, et à cette poésie en même temps ! Le narrateur joue parfois avec le lecteur, il est parfois présent dans le texte pour faire des commentaires ; aussi, le récit est à la fois à la troisième et à la première personne : nous avons donc un narrateur qui nous raconte ce qu’Esther Summerson, elle aussi narratrice, ne sait pas. La voix du premier est celle qui est pleine d’humour, d’ironie et de poésie – j’aime notamment quand il se moque des personnages ridicules du livre ! – ; celle d’Esther est très différente, tout aussi agréable, mais d’une autre manière : c’est sa personnalité qui fait de son histoire un récit touchant et que l’on apprécie. Mention spéciale aux petites choses que j’ai particulièrement aimés dans le livre : l’allusion au vent, les nombreuses métaphores, la façon de décrire ou de présenter, le suspense qui se dégage aussi de l’écriture des deux narrateurs – qui anticipent parfois sur ce qui est déjà arrivé, ne laissant pas beaucoup d’espoir au lecteur. Enfin, j’aime la couverture du livre, qui fait allusion à un élément du texte qui semble sans grande importance, mais qui en a beaucoup pour le personnage concerné !

Esther est à la fois le personnage principal et la narratrice de sa propre histoire – comme je l’ai dit, un autre narrateur nous dit en parallèle ce que la jeune fille ne sait pas, ce qui fait que le lecteur en sait plus que les personnages, et se rend compte des choses avant eux ! Je me suis beaucoup identifiée à elle ; c’est aussi le genre d’héroïnes qui peut énerver certaines personnes. Elle est énormément reconnaissante et très dévouée à ses proches, ce qui fait qu’elle pense plus aux autres qu’à elle-même et qu’elle est prête à sacrifier son bonheur pour faire celui d’un autre. Elle peut paraître un peu naïve et fleur bleue ; elle est aussi lucide, et prend souvent les bonnes décisions. Elle est un peu le pilier de la vie de tous ceux qui se trouvent autour d’elle, sans s’en rendre compte, puisqu’ils sont les piliers de la sienne ! Je l’ai beaucoup aimée, même si j’avais parfois envie de lui ouvrir les yeux, ou de penser à elle. Aussi, elle est attachée à presque tous les personnages, et c’est aussi ce qui la rend touchante : elle les aide tous, souffre avec tous, et tente de tous les rendre heureux, avec plus ou moins de succès. J’ai aimé les surnoms qui lui sont donnés ! John Jarndyce est, quant à lui, un personnage agréable, que j’ai fini par adorer. Il est très mystérieux au début, on ne sait pas trop à quoi s’attendre [si vous ne voulez pas savoir, arrêtez de lire ce que je vais dire à propos de lui !] Il est un peu le symbole du père aimant et protecteur, capable de protéger des enfants qu’il ne connaît pas, de les accueillir chez lui, et de ne surtout pas vouloir qu’ils les remercient ! C’est lui qui fait toujours référence au vent : j’ai trouvé cela assez poétique, une manière de dire que quelque chose ne va pas ou va mal tourner sans le dire vraiment. Richard Carstone est peut-être le personnage que j’ai le moins apprécié parmi ceux qui sont le plus mis en avant : il est trop ambitieux, trop sûr de lui, trop certain d’avoir raison contre tous. Le lecteur est capable de sentir que quelque chose de mauvais va sortir de sa façon d’être. Ada, quant à elle, est un ange. C’est un soleil dans la vie des autres personnages, une sorte d’incarnation de la joie. Elle semble plus fragile qu’Esther, plus noble aussi – sans doute à cause de la façon dont la narratrice la traite. Il y a tellement de personnages que je ne peux pas parler de tous : mes préférés : Miss Flite, que j’ai trouvée touchante dans sa folie, George, une espèce d’ours qui se révèle avoir un cœur d’or,  Allan Woodcourt, un jeune homme parfait, que j’ai aimé découvrir, Charley, qui m’a fait mal au cœur à la première rencontre, et que j’ai été ravie de retrouver dans la position qu’elle occupe !, Candy, pour qui je ressens à peu près la même chose que pour Charley même si les deux jeunes filles sont très différentes ! D’autres personnages sont ridiculisés par les deux narrateurs : M. Guppy, dont je ne commenterai pas l’attitude, il suffit de voir les quelques scènes qui le concernent pour se rendre compte de quelle catégorie d’hommes il fait partie, ou M. Turveydrop, et d’autres ne peuvent tout simplement pas être aimé, : M. Tulkinghorn, un des personnages les plus cruels et les plus insensibles qu’il m’ait été donné de rencontrer ! Mention spéciale à Lady Dedlock, qui n’est pas du tout telle qu’on la considère au premier abord.

La fin, comparée à tout le livre, est plutôt riche en rebondissements et en « action ». Tout se passe plutôt rapidement, le lecteur peut ne pas s’y attendre, considérant la longueur du livre, et être emporté par les mots. J’ai aimé le dernier chapitre, qui dresse un bilan de la vie de tous après le roman ! C’est une fin complète, sans frustration, même si elle n’est pas sans tristesse.

 

Je suis donc ravie d’avoir découvert Dickens, son écriture est une de celles que je préfère. J’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres ! Bleak House est un des meilleurs livres que j’ai lus !

Histoire de la laideur d’Umberto Eco

Classé dans : Avis littéraires — 11 novembre, 2016 @ 12:41

Histoire de la laideur Genre : Essai, Art

Editeur : Flammartion

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 439

Synopsis : En apparence, beauté et laideur sont deux concepts qui s’impliquent mutuellement, et l’on comprend généralement la laideur comme l’inverse de la beauté, si bien qu’il suffirait de définir l’une pour savoir ce qu’est l’autre. Mais les différentes manifestations du laid au fil des siècles s’avèrent plus riches et plus imprévisibles qu’on ne croit.

Or voici que les extraits d’anthologie ainsi que les extraordinaires illustrations de ce livre nous emmènent dans un voyage surprenant entre les cauchemars, les terreurs et les amours de près de trois mille ans d’histoire, où la répulsion va de pair avec de touchants mouvements de compassion, et où le refus de la difformité s’accompagne d’un enthousiasme décadent pour les violations les plus séduisantes des canons classiques. Entre démons, monstres, ennemis terribles et présences dérangeantes, entre abysses répugnants et difformités qui frôlent le sublime, freaks et morts-vivants, on découvre une veine iconographique immense et souvent insoupçonnée. Si bien que, en trouvant côte à côte dans ces pages laideur naturelle, laideur spirituelle, asymétrie, dissonance, défiguration, et mesquin, lâche, vil, banal, fortuit, arbitraire, vulgaire, répugnant, maladroit, hideux, fade, écœurant, criminel, spectral, sorcier, satanique, repoussant, dégueulasse, dégradant, grotesque, abominable, odieux, indécent, immonde, sale, obscène, épouvantable, terrible, terrifiant, révoltant, repoussant, dégoûtant, nauséabond, fétide, ignoble, disgracieux et déplaisant, le premier éditeur étranger qui a vu cette œuvre s’est exclamé : « Que la laideur est belle ! »

 

Avis : J’ai dû lire ce livre pour mon mémoire ; il m’intéressait déjà avant, mais je n’avais jamais eu l’occasion de le lire !

D’abord, il faudrait saluer l’originalité et le travail de l’auteur : je n’ai jamais vu de livre de ce genre, ce qui le rend surprenant et novateur ! Ce n’est pas vraiment une apologie de la laideur – même ça peut y ressembler dans certains chapitres ! – mais plutôt une façon chronologique de montrer l’art dans sa laideur, de l’Antiquité à notre époque moderne. On commence plutôt soft, on passe par des passages assez choquants, aussi par une hideur qui n’en est pas une : le lecteur comprend que la perspective et la vision du monde du spectateur sont importantes dans sa perception de ce qui est beau. Ce n’est pas seulement un essai sur l’art : Umberto Eco a réuni de nombreux supports différents : tableaux, sculptures, extraits de romans, nouvelles, poèmes, mais aussi des œuvres plutôt théoriques qui tentent de réfléchir sur l’art, ou sur la laideur, ou sur des sujets qui y sont liés. Ainsi, on retrouve des extraits de Freud, de Schiller, de Rosenkrantz, etc, mais aussi une partie du procès de Gilles de Rais raconté par un auteur. C’est vraiment un travail colossal de collecte des œuvres, de comparaison, de réflexion sur la façon de les amener dans le livre, de les mettre en concordance : cela mérite notre attention !

Ainsi, certains passages nous font réfléchir, non seulement sur l’art, mais sur l’homme, sur la vie – car l’art ne vient pas de nulle part et correspond souvent à la société dans laquelle il naît. Le choc ne vient pas au début, puisque ce sont plutôt des époques reculées – quoique le passage sur Gilles de Rais m’a vraiment perturbé, je me sentais très mal pendant et après sa lecture ! – ou que l’auteur nous montre, par exemple, la laideur dans le contexte romantique. Mais il arrive quand est abordé le sujet de la cruauté de l’homme, du fait qu’il aime être spectateur de l’horreur. L’auteur sait que nous nous déculpabilisons en nous disant que nous n’allons plus aux exécutions publiques comme aux époques antérieures, alors il nous montre que c’est aussi cruel de regarder certains films à la télévision que d’y assister. C’est assez perturbant, car le lecteur semble comprendre que la cruauté humaine existe depuis toujours, et perdure, même si des formes auxquelles on ne penserait pas. C’est alors qu’il cite Schiller, qui explique que le mal et la cruauté sont inhérents à l’homme, et que l’enfant que les hommes n’ont pas éduqué aime contempler les exécutions publiques sans aucune culpabilité, sans aucune horreur. Cela fait peur !!

Quand le lecteur arrive à l’époque moderne, il est passé par les représentations de la laideur et de la cruauté au Moyen Age, du genre, les gens écorchés vivants, ou écartelés de la même façon – le supplice de Damiens nous est raconté d’ailleurs … Souvent, à cette époque, la laideur est celle du diable ou des monstres. Pendant l’époque romantique, les monstres sont toujours laids, mais cela ne démontre plus un mal moral inhérent à la laideur : au contraire, comme le monstre de Frankenstein, ils sont rejetés en raison de leur apparence, sans que les hommes pensent à leurs sentiments, à ce qu’ils sont derrière le physique. Ainsi, le monstre qui a une bonne âme et qui se venge de son créateur irresponsable et effrayé par son enveloppe charnelle. A l‘époque moderne, la laideur n’est plus celle du diable, mais celle de l’homme, de ce qu’il fait et de ce qui l’entoure. Une image m’a particulièrement choquée dans la dernière partie du livre : la photo de trois mannequins d’enfants pendus. Il y avait également une véritable photo d’un homme décapité pendant une guerre civile. Enfin, l’auteur aborde la laideur arborée par des gens qui revisitent les codes de la beauté pour les rendre laids : les punks, Marilyn Manson, etc.

 

Donc, un livre très intéressant à découvrir, dérangeant parfois, original et très bien documenté, qui nous montre la laideur de l’Antiquité à nos jours à travers des œuvres représentatives.  

La Belle et la Bête de Madame de Villeneuve

Classé dans : Avis littéraires — 4 novembre, 2016 @ 3:48

La Belle et la Bête Genre : Conte

Editeur : Folio

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 135

Synopsis : « Le monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivée. En voyant approcher la Bête, qu’elle ne put envisager sans frémir en elle-même, la Belle avança d’un pas ferme, et d’un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plut au monstre et, se retournant vers la Belle, il lui dit : « Bonsoir, la Belle. »

 

Avis : Tout le monde connaît à peu près l’histoire de La Belle et la Bête, au moins grâce à Disney. Je voulais découvrir le conte en lui-même écrit par Madame de Villeneuve, pour comparer, mais aussi pour lire l’œuvre originale.

On retrouve, bien sûr, l’histoire enchanteresse que les adaptations nous livrent : une jeune fille, surnommée la Belle, doit se rendre chez la Bête ; son père l’y amène à regret et la jeune fille ne sait pas à quoi s’attendre, entre mort certaine et espoir de clémence. Ici, l’ambiance est bien celle d’un conte : la Belle est parfaite, la Bête est mystérieuse, un prince apparaît et la jeune fille en tombe éperdument amoureuse, le palais de la Bête est somptueux et fait pour combler tous les vœux de la Belle. Le schéma narratif est typique lui aussi : tout va bien, un problème survient, une ébauche de solution se fait jour, mais elle échoue ; elle entraîne des conséquences fâcheuses qui entraîne le départ de l’héroïne pour un lieu qu’elle ne connaît pas ; à la fin, quelque chose nous est révélé, et cette information change totalement la situation. Contrairement à l’accent qui est souvent mis sur le rapport de Belle avec la littérature – et notamment, avec la bibliothèque gigantesque de la Bête – elle n’apparaît ici qu’une seule fois et n’est pas beaucoup mise en valeur. Ce qui l’est, en revanche, c’est le théâtre, la démonstration sur scène, et l’apparence. Plusieurs fois, la Belle se voit recommander de voir derrière les apparences, ce qui, à travers tout le conte, donne une sorte de leçon de morale. Celle-ci se fait aussi sur la reconnaissance, la vertu, les qualités qu’une jeune fille doit montrer, qualités que seule Belle possède. Quant à l’écriture de l’auteure, son niveau est soutenu, parfois même peut-être archaïque dans ses tournures, ce qui peut poser un léger problème de compréhension temporaire.

La fin, en raison des explications qui s’enchaînent, m’a semblé pesante, parfois longue – ce qui paraît idiot au vu du tout petit nombre de pages ! La façon de nommer les personnages n’est plus tout à fait claire, il y a plusieurs reines, plusieurs fées, et le lecteur peut s’emmêler les pinceaux.

 

Donc, une belle lecture, qui m’a permis de découvrir le conte à l’origine du dessin animé que l’on connaît tous.

The Illuminae Files, book 2 : Gemina d’Amie Kaufman et Jay Kristoff

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 1 novembre, 2016 @ 12:19

Gemina Genre : Science-Fiction, Jeunesse

Editeur : Knopf

Année de sortie :2016 

Nombre de pages : 659

Synopsis : Moving to a space station at the edge of the galaxy was always going to be the death of Hanna’s social life. Nobody said it might actually get her killed.

The saga that began with the breakout bestseller Illuminae continues on board the space station Heimdall, where two new characters will confront the next wave of BeiTech’s assault. Hanna is the station captain’s pampered daughter, Nik the reluctant member of a notorious crime family. But while they are struggling with the realities of life aboard the galaxy’s most boring space station, little do they know that Kady Grant and the Hypatia are headed right toward Heimdall, carrying news of the Kerenza invasion.

When an elite BeiTech team invades the station, Hanna and Nik are thrown together to defend their home. But alien predators are picking off the crew one by one, and a malfunction in the station’s wormhole means the space-time continuum may be ripped in two before dinner. Soon Hanna and Nik aren’t just fighting for their own survival. The fate of everyone on the Hypatia – and possibly in the known universe – is in their hands.

But relax. They’ve totally got this. They hope.

Briefing Note : Told through a compelling dossier of found documents – and featuring guest journal illustrations by bestselling author Marie Lu – Gemina hurls readers into an enthralling new episode that will leave them breathless.  

 

Avis : J’avais tellement hâte de lire la suite d’Illuminae que j’ai commandé Gemina le lendemain de sa sortie, et que je l’ai lu dès que possible ! 

A nouveau, un format intéressant, ludique, qui permet de faire entrer le lecteur dans le roman, de le faire participer comme un véritable personnage, toujours spectateur mais plus impliqué. J’ai aimé l’ajout de dessins de Marie Lu ! Ils permettent une incursion dans les pensées d’Hanna Donnely, permettent de mieux la comprendre. Toujours un dossier avec des mails, des conversations entières, des plans, des comptes rendus d’observations de vidéos ou de caméras de surveillance. On peut penser que cela va donner un fouillis incompréhensible, mais ce n’est pas le cas ! Ce mélange fait une des grandes forces de la série, il la rend d’autant plus attractive et intéressante ! J’ai aimé l’ajout d’une liste de personnages, barrés d’une croix au fur et à mesure qu’ils disparaissent ! Toujours les noms d’autres auteurs dissimulés dans une liste de victimes ! Aussi, gros plus pour la couverture, qui fait un très beau contraste avec celle du premier tome. J’adore le bleu, et ici, son mariage avec le noir me semble parfait.

Passons à l’histoire en elle-même. Elle est double, comme dans le premier tome : nous sommes dans le présent, avec Leanne Frobisher, qui se trouve ici dans une situation très délicate, et dans le passé, avec ce qui est arrivé sur la station Heimdall. Les personnages se trouvent toujours dans un huis-clos angoissant, horrifiant même puisqu’à nouveau, une menace pire qu’un assaut humain se produit : dans Illuminae, c’était sous la forme d’une espèce de zombification des personnes touchées par un virus, dans Gemina, on se retrouve avec des aliens affreux qui ne veulent qu’une seule chose : manger. Je ne vous en dis pas plus et préfère vous laisser la surprise sur leur provenance, leur apparence, et leur façon de manger ! Autre point commun avec Illuminae : un assaut de BeiTech pour éliminer les preuves de l’attaque sur Kerenza. Les membres de cette équipe sont de véritables machines à tuer, et le lecteur a une surprise assez désagréable sur l’identité de l’un d’entre eux ! On peut donc s’attendre à des scènes de combats, à du sang, des larmes, des morts – et pas toujours à la loyale ! Nouveauté : le trou de ver. Il constitue la troisième menace sur la station Heimdall ; en maintenance lors de l’assaut de BeiTech, il n’est pas stable et risque de faire de gros dégâts. Cet élément permet aux auteurs d’aborder des théories scientifiques que je ne connaissais pas avant la lecture, et qui permettent des revirements de situation que je n’avais pas du tout vu venir ! Certains pourraient dire que c’est tiré par les cheveux : j’étais tellement dans le roman que je ne me suis pas posée la question pendant la lecture, je me suis laissée porter, et j’ai trouvé que, même si cela peut paraître gros, cela reste cohérent. J’ai aimé ce côté scientifique, qui prend de la place, mais qui est très bien expliqué, et qui ne laisse donc pas le lecteur dans le flou. Aussi, l’amour est à nouveau présent dans ce tome. Comme dans Illuminae, il ne m’a pas agacé, même s’il ne sort pas forcément non plus de l’ordinaire. Enfin, j’ai adoré l’humour de ce tome, à travers Nik, Hanna, mais aussi à travers certains comptes rendus de vidéos, ou un personnage déjà connu ! L’émotion est elle aussi toujours présente, les auteurs adorent jouer avec nos nerfs, et faire subir à leurs personnages des retournements de situation invraisemblables !

Concernant les personnages, Hanna Donnelly et Niklas Malikov sont ici les principaux, et ressemblent un peu à Kady Grant et Ezra Mason. Hanna est une fille gâtée, riche, qui aime profondément son père, même si celui-ci ne l’éduque pas vraiment comme tous les petites filles. Confrontée à l’attaque de BeiTech, elle révèle une autre facette de sa personnalité : forte, « badass », effrayée, mais capable de surmonter ses peurs pour atteindre ses objectifs. J’ai beaucoup aimé son personnage ! Je pensais qu’elle allait être agaçante en lisant le résumé, et cela n’a pas été le cas. Sa détermination et son courage l’apparentent à Kady, ainsi que son côté un peu rigide face au personnage masculin, et sa façon de le rembarrer. Nik, lui, fait le maladroit, tente de charmer Hanna par son humour et un romantisme touchant. Il fait partie d’une famille de criminels, mais ne semble pas du tout à sa place parmi eux. Courageux lui aussi, il tente de réparer ses erreurs éventuels, de garder ses proches – ou ce qu’il en reste – en vie, et de protéger Hanna - il oublie qu’elle est tout à fait capable de le faire elle-même ! Il m’a fait penser à Ezra parfois, et m’a fait rire ! Vient ensuite Ella Malikova, la cousine de Nik, hackeuse de génie. J’ai aimé son humour aussi, et sa force. C’est un personnage faible physiquement, mais qui compense par son mental hors normes. Elle ne semble pas non plus avoir sa place dans le milieu criminel où elle a grandi. Les membres de BeiTech sont aussi cruels les uns que les autres, avec une mention spéciale pour Cerberus et Kali. Tous ont des noms de code particuliers, qu’il est intéressant de tenter de comprendre. Bien qu’ils soient les « méchants » de l’histoire, on peut comprendre leur motivation, ils ne sont pas invulnérables, et ont des sentiments, ce qui les rend d’autant plus dangereux. Pour la plus grande joie du lecteur, nous retrouvons aussi des personnages connus à bord de l’Hypatia : Kady Grant, Ezra Mason, Syra Boll et AIDAN, dont l’humour fracassant et la tentative de compréhension de l’homme me touchent toujours autant ! S’y trouve aussi Leanne Frobisher, un concentré d’hypocrisie et de mauvaise foi !

La fin est hallucinante !! Les auteurs font vraiment ce qu’ils veulent de nos émotions : on se croirait dans un grand-huit ! La dernière phrase est une vraie provocation !!!! Comment peuvent-ils écrire une chose pareille ?!!!! Rah, à quand le troisième tome ?!!

 

Donc, un excellent second tome, qui emporte le lecteur dans l’espace, le fait rire et pleurer, et lui donne immédiatement envie de lire la suite !!  

The Penguin Complete Tales and Poems of Edgar Allan Poe

Classé dans : Avis littéraires — 28 octobre, 2016 @ 11:27

Intégrale Poe Genre : Poésie, Conte

Editeur : Penguin

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 1026

Synopsis : Edgar Allan Poe wrote some of the first as well as the finest stories of dark and macabre mystery ever to blacken a page with ink. His tales of terror and suspense continue to leave readers the world over wide-eyed and shivering with fright, unable to put down a book their clenched fingers so tighly grasp.

This is the ultimate Poe collection, featuring every story and poem he wrote. It probes the depths of the human psyche. It will chill and enthral. But above all it is story after story that you will never, ever forget.

No matter how hard you try.

 

Avis : Je devais lire l’œuvre de Poe pour mon mémoire, donc j’ai décidé de tout lire, sans exception, pour ne rien louper d’intéressant !

J’ai eu du mal, mais je suis venue à bout des 1026 pages du livre !! J’ai dû m’arrêter un moment : même si Poe écrit très bien et que ce qu’il raconte est intéressant, il est difficile de ne pas lire autre chose à côté pour se détendre ! En effet, on ne peut pas dire que Poe soit la lecture la plus relax qui soit, surtout en VO ; la typographie de l’édition n’aide pas – elle est vraiment très petite – et le choix de l’ordre des nouvelles non plus ! En effet, l’éditeur a choisi de placer en premier « The Unparalleled Adventure of One Hans Pfaall », l’histoire d’un homme qui part en ballon dans le but d’atteindre la lune. Et je dois vous dire que je n’aime pas du tout les nouvelles de Poe qui racontent des voyages … Je les trouve longues – à la fois par le nombre de pages, et par l’impression donnée par la lecture -, difficiles à suivre parce qu’elles ne m’intéressent pas. Je préfère de beaucoup les nouvelles horrifiques, qui se trouvent majoritairement au milieu du livre – pratique quand ce sont celles-là qui sont le plus susceptibles d’être utiles pour le mémoire haha ! Je ne vais pas vous parler de chaque nouvelle, de chaque poème : l’avis n’en finirait pas ! Je pense plutôt vous parler de mes préférées, pour vous montrer que, malgré les points négatifs soulevés plus haut, Poe est un écrivain que j’aime beaucoup, qui me transporte dans ses histoires, et dont l’écriture, parfois difficile à comprendre, est excellente.

Je vais d’abord vous parler de « The Murders in the Rue Morgue », une nouvelle aussi longue que la première dont j’ai parlé, mais qui ne m’a pas paru longue justement parce qu’elle était fascinante. D’abord, l’action se déroule à Paris, et le personnage principal n’est pas vraiment le narrateur, mais son compagnon, un Français, Auguste Dupin, qui va tenter de résoudre une enquête insoluble et impossible à comprendre. Les meurtres perpétrés sont affreux, vraiment horribles, et le détective suit peu à peu les indices que la police n’a pas su voir, ou n’a pas jugé bon de prendre en compte. J’ai aimé suivre cette enquête, malgré la bizarrerie apparente de Dupin et ses lubies. La résolution devient logique une fois qu’on l’a sous les yeux. La nouvelle suivante ressemble à celle-ci, « The Mystery of Marie Roget », et j’ai aussi beaucoup aimé : elle est elle aussi une nouvelle un peu policière, où un mystère insoluble est peu à peu cerné par Dupin – même si, ici, la résolution n’arrive pas vraiment.

Viennent ensuite les contes que je préfère parmi tous ceux du livre : « The Black Cat », « The Fall of the House Usher » (numéro 1 !), « The Pit and the Pendulum », « The Masque of the Red Death » et « The Oval Portrait ». La première parle – comme le titre l’indique ! – d’un chat noir et de son propriétaire. La violence ici montrée par l’auteur est abject, le lecteur est horrifié et révulsé ; la fin est une belle façon de montrer qu’on est toujours puni pour ce qu’on fait ! La seconde est ma favorite ! J’adore le suspense, l’atmosphère lugubre, le manoir tout fissuré qui n’augure rien de bon, les jumeaux qui semblent en connexion l’un avec l’autre, le lien aussi entre Madeline et la maison elle-même. Cette nouvelle me donne toujours des frissons !! Vraiment l’histoire parfaite à lire pour Halloween ! « The Pit and the Pendulum », quant à elle, m’a transporté avec le personnage principal : celui-ci doit subir le châtiment de l’Inquisition et doit mourir soit par la fosse, soit par le pendule. Quels frissons d’horreur m’ont parcouru pendant la lecture !! J’attendais l’effusion de sang ou la mort lente avec anxiété, tout comme le prisonnier, à deux doigts de sombrer dans la folie ! La fin m’a surprise !! Puis, « The Masque of the Red Death ». Ici, l’atmosphère fait énormément : ces chambres de couleur, cette ambiance de fête orientale, cette ombre qui pèse peu à peu sur les invités. La nouvelle m’a fait penser au Décaméron de Boccace (que je n’ai pas encore lu, mais qu’il me tarde de découvrir !) Enfin, « The Oval Portrait » : le pouvoir de l’art sur la vie, un peu comme dans The Picture of Dorian Gray, l’hésitation du personnage entre hallucination, folie et horreur, le portrait comme reflet parfait de la vie. J’ai également aimé « William Wilson », en raison du traitement du sujet du double, et de l’incompréhension du personnage face à une sorte de schizophrénie qu’il ne comprend pas. Dans la plupart des autres nouvelles, on peut noter l’humour de l’auteur, sa façon de se moquer des journalistes par exemple.

Après les contes vient le seul roman d’Edgar Allan Poe : Narrative of A. Gordon Pym. Encore un récit de voyage, mais, cette fois, j’ai tout de même réussi à apprécier certains passages. A. Gordon Pym a toujours voulu voyager et s’embarque dans un bateau clandestinement : il va alors vivre des aventures plus affreuses les unes que les autres, et perdre à peu près tout. Un passage m’a vraiment dégoûté, lorsque quatre personnages se trouvent sur ce qu’il reste du bateau et décident de manger l’un d’entre eux ! Le cannibalisme, je ne peux vraiment pas ! Surtout que, par la suite, le lecteur comprend qu’il aurait pu être évité !! Le récit est incomplet : la fin est abrupte, et le lecteur ne comprend pas vraiment où tout cela mène. Viennent ensuite les essais poétiques de Poe, très intéressants, sur la scansion, sur les rimes et les rythmes, sur la façon de bien écrire de la poésie.

Enfin, les poèmes ! Je n’avais jamais lu ceux de Poe et les ai vraiment trouvés magnifiques. « The Raven », dont j’entendais beaucoup parler, m’a enchanté, ainsi que les poèmes amoureux. J’ai retrouvé l’angoisse des contes, l’horreur parfois, la  »peur » de la mort, l’amour impossible ou contrarié. La musique des mots m’a charmé.

 

Donc, une lecture difficile, mais enrichissante. J’ai aimé découvrir l’œuvre de Poe et pense relire certains passages qui m’ont enchanté ou horrifié.

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